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Mon 14e safari-dédicaces : la Grande visite de l'autre côté de la Grande Flaque!
Écrit le samedi 23 mai 2015 par

 

Festival de BD francophone de Québec 2015

(2e partie)

Vite, vite : je me vole quelques minutes de mon précieux temps (et du vôtre aussi, j'imagine!! ;^) pour poursuivre mon compte-rendu du dernier Festival international de la BD de Québec. Vous lirez ici les résumés des rencontres que j'ai faites avec plusieurs des auteurs étrangers invités.

Commençons donc avec mon anglophone bisannuel. En effet, à peu près aux deux ans, je me risque à aller rencontrer un anglophone! Il y a eu Scott Chantler, puis Karl Kerschl... Cette année, je me suis laissé tenter, à l'impromptu, par le petit album Vous êtes tous jaloux de mon jetpack... Un album que j'avais vu louangé sur plein de forums, mais qui ne me disait rien du tout... jusqu'à ce que je le feuillette!! Ainsi, j'ai pu découvrir qu'il s'agit en fait d'un recueil de strips d'humour. Pas de personnage récurrent, pas de thème particulier ou de ligne directrice... Le seul élément unificateur : l'humour anglais, totalement décalé et pince sans rire, de Tom Gauld, un jeune Écossais au regard bien acéré, doté d'un fabuleux sens de la dérision!! Au cours de notre bien courte conversation, ce jeune homme, maintenant installé à Londres, m'a fait part de son étonnement face à nos salons du livre nord-américains. En Angleterre, m'a-t-il expliqué, ces événements sont soit de petits salons locaux, de bien moins grande envergure, soit de grosses foires pour les professionnels du livre. Moi qui adore l'humour british, j'ai l'impression que ce petit bouquin (à l'italienne!) saura me dilater la rate!! ;^)

J'ai revu monsieur Keramidas, (je ne sais jamais s'il met ou non l'accent aigu sur son E!!) qui était par chez nous l'été dernier. Il a eu la gentillesse de me faire deux très belles dédicaces (directement au marqueur! Wow! :^0) : une dans mon Luuna #6 puis celle-ci, dans mon 12e album de la série Donjon Monsters : le Grimoire de l'inventeur.

Keramidas Donjon Monsters 12

Puis, j'ai brièvement discuté avec Joub et Nicoby. Ces deux complices sont ceux qui ont réalisé l'interview-BD Dans l'atelier de Fournier, portant sur ce célèbre bédéiste, ouvrage que je leur ai demandé de me dédicacer. Ce faisant, je leur ai aussi demandé de me raconter comment ils avaient vécu cette expérience et ce qui les avait le plus impressionnés chez ce grand bonhomme. D'entrée de jeu, m'ont-ils dit, Fournier s'est montré très ouvert à partager l'avalanche d'anecdotes dont il a souvenir. Nicoby a été marqué par le grand nombre de dédicaces que Fournier a pu recevoir de tous les bédéistes-cultes de l'âge d'or franco-belge qu'il a eu la chance de côtoyer tout au long de sa carrière : Roba, Peyo, Franquin... Joub, lui, s'est intéressé à tout le travail que Fournier a réalisé pour illustrer les pages de jeux du journal Ouest-France. Il y a créé, notamment, un personnage de policier, baptisé Limier, qui proposait de petites énigmes à résoudre. «Il faudrait un travail de moine pour archiver et rééditer tout ça, mais ça en vaudrait vachement le coup!» a-t-il précisé.

Joub - Max et ZoéPuis, j'ai recroisé monsieur Joub à quelques autres reprises pour lui demander de me dédicacer quelques-uns de mes albums de Max et Zoé, une série jeunesse qu'il a dessinée pour Étienne Davodeau il y a plusieurs années... et qu'il a été bien surpris de revoir ici : ils sont apparemment introuvables en Europe, et en rupture de stock! Quand je lui ai demandé s'il était fier d'avoir vu un de ces tomes se faire rééditer chez l'École des loisirs, il m'a avoué avoir été un peu déçu du format (plus petit, collé, avec couverture souple). Oui, cela permet une plus grande visibilité à son œuvre (quoique la série est terminée!?), mais le faible coût de cette édition économique se reflète aussi sur les redevances qu'il en touche...

Quand je lui ai demandé de me parler de ses partenariats avec messieurs Davodeau ou Nicoby, il m'a avoué que, dans les deux cas, ça a toujours été très cordial et coopératif. Puisqu'ils sont tous à la fois scénariste et illustrateur, chacun pourrait retravailler le scénario proposé par l'autre... mais les quelques fois où l'un d'eux trouvait un angle ou une approche plus efficace pour présenter une scène, il proposait son idée à l'autre, sans qu'il n'y ait jamais de chichi : chacun était ensuite apte à juger ce qui servait le mieux la scène! «Par contre, je dois avouer que je laissais plus souvent le dernier mot à Étienne (Davodeau), du temps où je travaillais avec lui!» précise-t-il, en lançant un sourire amusé à Nicoby, son complice actuel, avec qui il s'apprête à mettre en BD le scénario d'un ami romancier... Scénario qu'il doit grandement retoucher, car même le meilleur des romanciers ne connaît pas nécessairement la mécanique propre à un scénario de BD!!

J'avais très hâte de rencontrer Benoît Feroumont, car j'ai bien aimé sa série jeunesse le Royaume. J'avais amené mes 5 tomes, espérant secrètement (naïf que je suis!) qu'il y aurait peu de gens à son stand, compte-tenu du fait que sa série s'adresse aux jeunes et qu'elle n'est pas très connue par chez nous (comme ce fut le cas pour monsieur Darasse avec ses Tamara, lors du Salon du livre de Montréal, il y a deux ans). J'avais même prévu acheter le dernier tome, sur place! Dommage que tout se soit terminé sur une note un peu désagréable... Mais commençons par le commencement!!?

Lors de nos premières rencontres, monsieur Feroumont m'a appris qu'il a longtemps travaillé, comme tant d'autres bédéistes, dans le monde du dessin animé. Un de ses courts-métrages a même déjà gagné un prix, au Festival des Films du Monde, et il était venu à Montréal pour en prendre possession! Puis, quand sa série le Royaume a pris son envol, il a fait le saut complet en BD!... Mais on l'a rappelé pour superviser une équipe belge sur un dessin animé : comment dire non quand ce film s'intitule «Astérix et le domaine des dieux»!!?? ;^) Il s'est évidemment laissé tenter... mais a vite réalisé qu'avec la technologie moderne, et tous ses moyens de communication (Internet et Skype, notamment), les relations entre les dessinateurs et le grand patron, même si ce dernier est en France, nécessitent beaucoup moins l'intervention d'un intermédiaire. Il ne s'est pas senti très utile dans le processus, au bout du compte.

Puisque j'avais vu une espèce de bande annonce pour une série de dessin animé portant sur le Royaume, je lui ai demandé où en était ce projet. Il m'a confié que le tout était en attente de financement (refrain connu!! :^(   Il a encore bien des idées pour de futurs albums du Royaume, et il finira probablement par y intégrer des éléments de fantastique, lui qui, jusqu'à présent, a su éviter toute forme de magie ou de surnaturel dans ces contes de fée au ton bien contemporain! Mais ce sera pour plus tard, ça aussi, puisque les gens de chez Dupuis lui ont proposé de travailler sur le futur Spirou et Fantasio par..., ces fameux one shot écrits et illustrés par divers bédéistes qui veulent ajouter leurs pierres au mythe du célèbre petit groom!

Là où j'ai été amèrement déçu, c'est quand monsieur Feroumont nous a apostrophés un peu sèchement, le samedi après-midi, alors qu'une foule plus abondante que de coutume se massait à sa table. Nous étions, comme d'habitude, une petite dizaine de collectionneurs à attendre pour une ixième dédicace. L'auteur a commencé par nous demander de laisser passer les jeunes qui se présenteraient... ce que nous faisions déjà!! Puis, quand il nous a reconnus, il s'est un peu emporté en nous disant que s'il en était rendu à reconnaître nos visages, c'est que nous avions suffisamment de dédicaces de sa part. «À quoi ça peut bien vous servir, d'avoir trois ou quatre dédicaces d'un même auteur??» a-t-il lancé avant de nous chasser, tout bonnement!!

Eh bien, monsieur, Feroumont, à ce titre, pouvez-vous bien me dire à quoi ça nous sert d'en avoir ne serait-ce qu'une seule?? Si vous comprenez qu'elle nous permet, essentiellement, de satisfaire notre désir de rencontrer un auteur qu'on apprécie, ou dont on apprécie particulièrement le travail, vous devriez comprendre que le nombre de dédicaces ne change rien à ce désir! Si vous veniez tous les ans, on ne ferait dédicacer que votre nouveauté, et cette altercation n'aurait jamais eu lieu. Le problème, c'est que vous ne venez dédicacer au Québec qu'une fois par... 40 ans, dans votre cas??! C'est pourquoi on essaie de faire dédicacer le plus d'albums possibles dans le peu de temps que vous êtes là.

Oui, outre le fait de vouloir passer le plus de temps possible en votre compagnie, c'est aussi, accessoirement, pour ajouter une valeur à nos albums. Pas nécessairement une valeur monétaire (et je n'entrerai pas ici dans le sulfureux problème des revendeurs de dédicaces, qui envenime toujours un peu l'ambiance de nos festivals et salons), mais une valeur sentimentale. Pensez-y : si j'ai, un jour, à me départir de la moitié de mes albums, faute de place, par exemple, vais-je abandonner mes 6 tomes du Royaume, non dédicacés, ou mes 6 albums des Enfants d'ailleurs, chaleureusement dédicacés par Bannister?? À intérêt égal, j'ai bien peur que ce serait votre petite Anne prendrait le bord de la décharge!!

Ainsi, si je suis bien content des trois dédicaces que vous avez eu le temps de me faire avant que je ne sais quelle mouche vous pique, sachez que j'ai préféré ne pas acheter votre dernier tome, finalement... À quoi bon, puisque je ne pouvais plus le faire dédicacer?! ;^P

  Feroumont - François, du Royaume  Feroumont - Candice, du Royaume   Feroumont - la Reine du Royaume

Sur une note plus positive, je vous parlerai maintenant de mes rencontres avec Silvio Camboni, un Italien qui illustre depuis plusieurs années différentes séries de son complice et ami Denis-Pierre Filippi, soit Néférisis, Gargouilles, le Voyage extraordinaire et, maintenant, les Mondes cachés.

Son aventure avec Néférisis a été un peu décevante : en effet, les éditeurs les ont obligés à y mettre un terme après seulement deux tomes, alors que le récit n'était même pas ficelé! C'était une première pour lui : son autre série abandonnée, Willy Wonder, avait au moins le mérite de présenter un récit complet!

Pour ce qui est de Gargouilles, il en va tout autrement! D'abord, rappelons qu'il a repris cette série à partir du deuxième tome (le premier ayant été dessiné par J. Étienne). Il s'est bien plié à cet exercice, juge-t-il, s'intégrant assez rapidement au style imposé par le dessinateur original. «C'était d'autant plus facile que le scénario et l'univers proposés me plaisaient bien!» Puis, il m'a confirmé que le tome #7 de cette série en est le tome final, contrairement à ce que nous en dit le site de références BDGest, sur lequel on peut encore lire : série en cours! En effet, sa nouvelle série, les Mondes cachés, toujours avec Filippi au scénario, en est ni plus ni moins la suite, en série dérivée!! Et oui, un genre de spin-off!! Dans ce nouveau cycle (qui n'était pas encore accessible au Québec, le mois dernier, lors du festival!), on retrouve le jeune Grégoire (encore ce joli prénom!! ;^) en butte avec des sentiments contradictoires. Autant il apprécie ses pouvoirs magiques qu'il a maintenant appris à mieux contrôler, autant il les renie, réalisant qu'ils ne peuvent pas tout régler. Le pauvre garçon réagit très négativement face au divorce de ses parents! Fuyant sa peine, il suivra une amie dans un arbre magique qui l'amènera dans un monde... où sa magie, celle-là même dont il souhaite presque se départir, ne fonctionnera plus!! Ça semble bien intéressant, ce nouveau chapitre de la vie de Grégoire... mais encore faudrait-il que je lise les trois derniers Gargouilles!! ;^)

En attendant, je pourrais aussi me plonger dans l'autre série que le duo Filippi-Camboni mène parallèlement : le Voyage extraordinaire, une aventure steam-punk à la Jules Verne, au graphisme d'une somptuosité incroyable!! Ces albums sont de toute beauté!! D'ailleurs, monsieur Camboni avait amené son portfolio avec lui, et j'aurais pu acheter quelques planches de ce projet (ou d'autres, comme des planches du magazine Topolino, l'édition italienne du Journal de Mickey, auquel Camboni contribue parfois!)... mais à 700 euros la planche, j'ai préféré laisser cette chance à d'autres <:^O

Parlons maintenant d'Olivier Grenson, le talentueux dessinateur de la série Niklos Koda. Ce très chic monsieur, aussi bien de sa personne que son sympathique héros, m'a fait un bon portrait de ses œuvres. D'abord, il m'a moussé son dernier diptyque en solo paru dans la collection Signé, au Lombard : la Douceur de l'enfer. Il y raconte une belle saga familiale, à cheval entre trois générations, alors qu'un jeune Américain promet d'aller se recueillir sur la tombe de son grand-père, mort et enterré en Corée.

Il m'a expliqué ensuite que presque chaque aventure de Koda s'étalait sur deux tomes, sauf le tome #3, qui est complet. Il m'a aussi précisé que si les tomes #4 et 5 sont plus de l'ordre du thriller politique traditionnel, avec mafia russe et tout le tintouin, l'aspect fantastique revient de plus belle dès le tome #6. Puis il m'a fait part d'une grande nouvelle : le tome #15 clora la série!! Le tome #13 venant tout juste de sortir des presses, il ne lui reste donc plus que deux tomes pour se trouver un nouveau projet... Mais n'ayez crainte : il en a déjà plusieurs en chantier! D'autant plus qu'il chapeaute le très intéressant 64_Planche (sic), revue de récits graphiques, un magazine trimestriel très tendance, spécialisé en BD, dans lequel il nous présente des bédéistes à surveiller (il peut même, pour ce faire, puiser parmi les élèves à qui il donne des cours!) et de grands oubliés (comme Bara, le dessinateur de l'amusant Max l'explorateur, que j'aimais tant dans le journal de Tintin, quand j'étais tout jeune!), en plus de divers dossiers thématiques.

Grenson - Niklos Koda      Grenson - Antioche, de Niklos Koda

Passons maintenant à ma rencontre avec le bonze de cette édition du festival, j'ai nommé le grand François Walthéry, père de Natacha, de Rubine, du P'tit bout de chique et de tant d'autres! J'ai vraiment été très heureux d'en apprendre plus sur cet artiste qui a commencé dans le métier à l'âge de 15 ans, en remplaçant quelqu'un à pied levé!! :^0

François WalthéryAinsi, Walthéry m'a avoué que sa réputation d'être un dessinateur lent et inévitablement en retard était tout ce qu'il y a de plus fondée!! Quand je lui ai fait remarquer qu'il s'était vraiment adjoint une foule de scénaristes pour ses Natacha, il s'est mis à me parler de leurs chouettes rencontres, toujours autour d'une bonne bouteille... ou deux, ou trois, si vous voulez mon avis!! ;^D

Puis, j'ai voulu savoir si Walter, le steward et ami de Natacha, avait été baptisé ainsi en son honneur : Walthéry, Walter... «C'est Gos, Roland Goosens, le scénariste du premier Natacha, qui a décidé de nommer ce personnage ainsi, en l'honneur de son fils qui venait de naître.» J'aurais dû y penser! En effet, si vous suivez ma Lucarne depuis longtemps, vous savez que j'ai critiqué suffisamment de Khéna et le Scrameustache pour connaître ce Walter, qui a succédé à son père, Gos,  et se trouve encore aujourd'hui aux commandes de cette petite série de science-fiction jeunesse, sous le pseudo de Walt!!

Apparemment, tous n'étaient pas convaincus du potentiel de faire-valoir du personnage de Walter, dans les premiers tomes : ça a pris quelques albums avant que ce personnage soit jugé efficace dans ce rôle!!? Personnellement, je trouve qu'il fait très bien la job, dès le tome #1!! ;^)

J'ai voulu avoir quelques éclaircissements à propos de l'Épervier bleu, le Natacha #22, paru l'an passé. Le scénario est signé Sirius... mais celui-ci est décédé en 1997!??! :^S Walthéry m'a expliqué que ce scénario a effectivement été écrit il y a bien longtemps, et qu'il dormait dans ses tiroirs depuis toutes ces années. C'est donc un peu en hommage à ce grand bédéiste et ami (auteur d'une vieille série éponyme : l'Épervier bleu !?) qu'il a décidé d'enfin l'illustrer, au grand bonheur de la fille du défunt. La seule adaptation que Walthéry a fait au scénario, c'est d'y rajouter une scène, celle qui précède le «générique», en tout début d'album, question de faire le pont avec les tomes précédents. Grand amateur de bateaux et de marine, Sirius s'est fait plaisir dans cette aventure où les termes techniques ne manquent pas : Walthéry, qui n'y connaît que dalle, a dû sérieusement se renseigner pour ne pas se tromper entre les différentes parties d'équipement des voiliers!! Sachez que cet album n'est en fait que la première partie du récit, qui se terminera dans le tome #23.

Walthéry - Natacha      Walthéry - Walter, de Natacha

Pour ce qui est de Rubine, j'ai appris que Walthéry y partageait le dessin avec Bragan, un Tchèque avec qui  il a commencé à travailler alors que ça bardassait fort en Tchécoslovaquie! Les communications étaient tellement difficiles (c'était avant l'ère Internet!!) que Walthéry demandait à un ami, journaliste belge souvent envoyé sur le terrain, de faire la mule pour le transfert des planches!! Parlant de Rubine, il est probable qu'elle nous revienne dans de nouvelles aventures! En effet, la publication actuelle des intégrales crée une nouvelle effervescence autour du personnage, et les éditeurs seraient heureux de rajouter quelques tomes à cette série qui stagnait un peu depuis 2011.

Finalement, je tiens à terminer ce volet international en vous parlant de ma plus récente rencontre-coup de cœur : celle avec le si gentil Emmanuel Lepage!

Wow!! Quel gars fascinant! Bien sûr, comme tous les visiteurs du salon, j'ai été subjugué par la splendeur des dédicaces qu'il y a signées, à la craie de cire et au pastel gras, rien de moins!! Ses baleines sont devenues iconiques parmi mes comparses-collectionneurs, et je n'ai pu faire autrement de me procurer la Lune est blanche, son dernier album, même à plus de 50$ pièce, pour avoir le plaisir d'avoir la mienne. Voyez plutôt cette merveille, sur double page de garde :

Lepage - la Lune est blanche

Mais c'est tout autant pour l'homme, véritable citoyen du monde, que j'ai eu mon coup de cœur. J'avais déjà découvert sa plume et son pinceau il y a quelques années, en lisant son très intéressant diptyque Muchacho, une touchante histoire, d'une sensibilité étonnante, qui m'a un peu éveillé à l'histoire de l'Amérique latine et au phénomène des guérillas qui y ont sévit (et qui y sévissent encore aujourd'hui, dans certains cas!). J'avais été marqué par la profondeur psychologique du personnage principal, un tout jeune curé qui se découvre en même temps qu'il est confronté à la dureté de la jungle et de la recherche de la liberté. «Si ce personnage s'appelle Gabriel, c'est en l'honneur de Gabriel Garcia-Marquez, un des auteurs sud-américains qui m'a le plus marqué.» En fait, s'il a eu envie de raconter cette histoire, c'est parce qu'il a travaillé en compagnie de Sud-Américains, dans une espèce de centre communautaire, un genre d'auberge de jeunesse qui accueille des groupes de voyageurs peu fortunés d'un peu partout dans le monde. «Les employés y provenaient tous d'une multitude de pays! Comme j'étais sur l'horaire nocturne, je passais beaucoup de temps avec les gardiens de nuit, qui étaient sud-américains. J'étais fasciné par la manière très singulière avec laquelle ils me racontaient leur histoire... et leur Histoire!! C'est là que j'ai développé un intérêt particulier pour l'Amérique du Sud, puis l'Amérique centrale.» Emmanuel Lepage... avec ma carte de la Lucarne!

Quand je l'ai félicité pour la sensibilité qui transcende du personnage de Gabriel et pour la justesse avec laquelle il a abordé la découverte de son homosexualité, monsieur Lepage m'a expliqué qu'il avait voulu souligner le double défi que vivent tous les gays latinos, devant à la fois surmonter une espèce de double homophobie de la part d'une culture à la fois hyper-machiste ET hyper-catholique. Avec Muchacho, il y parvient avec brio.

J'ai ensuite été très épaté par le caractère humain de cet auteur. J'ai appris, via le libraire Shannon Desbiens, que son album Un printemps à Tchernobyl racontait un périple qu'il a réellement fait dans cette ville, question de témoigner de l'état des lieux, vingt-deux ans après la tristement célèbre catastrophe nucléaire qui y a eu lieu. Grâce à cette réalisation, il a aussi pu se rendre au Japon, récemment, pour faire le même constat à l'emplacement de l'accident de 2011. Si on rajoute à cela ses deux gros albums sur l'Antarctique et les terres australes, on prend toute la mesure de la conscience sociale, humanitaire et écologique de ce petit bout d'homme qui, mine de rien, se veut un témoin éclairé, impliqué et désireux de partager avec sincérité et sensibilité certaines réalités de notre monde moderne trop souvent occultées, parce que plus dérangeantes, moins glamour. Vraiment, je suis bien heureux d'avoir pu croiser ce grand homme. Au plaisir, monsieur Lepage.

Voilà! C'était la liste de mes rencontres avec les «étrangers». Il me reste maintenant à vous faire le bilan de celles avec mes compatriotes québécois, ce que je devrais faire bientôt, si mon boulot m'accorde quelques secondes de libre, en cette fin d'année scolaire!!? À plus, donc!

Lepage - Muchacho

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