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#01- Juliette à New York
#01- JULIETTE À NEW YORK
Scénariste(s) : Rose-Line BRASSET, Lisette MORIVAL
Dessinateur(s) : Émilie DECROCK
Éditions : Hurtubise
Collection : X
Série : Juliette
Année : 2017     Nb. pages : 48
Style(s) narratif(s) : Récits complets
Genre(s) : Adaptation littéraire, Documentaire, Récit de voyage, Aventure
Appréciation : 4.5 / 6
...Ou comment romancer joliment des guides de voyage!
Écrit le samedi 18 juillet 2020 par PG Luneau

Tomes lus : #01- Juliette à New York

            #02- Juliette à Paris (2018)

            #03- Juliette à Londres (2019)

 

La série de l'heure, pour ce qui est des romans-jeunesse destinés aux jeunes filles de 9 à 11 ans, c'est sans contredit les Juliette, de la Québécoise Rose-Line Brasset! Encore plus que les Léa Olivier (plutôt destinés aux 12-15 ans)! J'avais donc très hâte de voir comment les Françaises Lisette Morival et Émilie Decrock étaient parvenues à transposer ces petits romans d'aventure en BD.

Dès le premier regard, on peut déjà confirmer qu'on vise un lectorat féminin : les couvertures ne mentent pas, avec leur orgie de rose, de turquoise, de violet pastel et de paillettes et leur héroïne aux grands yeux de biche. Chaque personnage semble directement sorti d'un catalogue de mode... même les figurants! :^0  On a misé sur une esthétique léchée et bienveillante, qui fait très certainement la part belle aux stéréotypes physiques...

Mais outre ce léger détail, c'est une chouette série que j'ai découverte ici. Une série qui oscille entre le guide de voyage et le récit d'aventure! Mais faisons d'abord un topo, question de comprendre ce qu'il en est!

La Juliette (Bérubé) du titre est une jeune adolescente québécoise qui vit avec sa mère, journaliste touristique. Pour son boulot, celle-ci doit faire des reportages un peu partout dans le monde et, en bonne mère qu'elle est, elle tente le plus souvent possible d'emmener sa fille avec elle, question de lui faire découvrir le monde et ses joyaux. Chaque album se consacre à une nouvelle ville et raconte les visites que Juliette et sa mère y font. Tous les poncifs de New York, de Paris et de Londres y passent : monuments et musées incontournables, mais aussi gastronomie, traditions et autres aspects culturels... Et Juliette de colliger joliment toutes ses belles découvertes dans son scrapbook...

Dis comme ça, j'avoue que ça semble scolaire et didactique... Eh ben c'est sans compter le talent de mesdames Brasset (la romancière) et Morival (l'adaptatrice)!! En effet, par je ne sais trop quel tour de passe-passe, ces dames réussissent à envelopper ces visites d'éléments scénaristiques variés qui viennent dynamiser le petit côté «dépliant touristique» incontournable en punchant le voyage : rencontres avec d'autres touristes ou avec des personnalités, expédition nocturne qui tourne mal, travail en tant que «jeune fille au pair»... ou même enlèvement!?! :^O L'équilibre entre ces passages narratifs et les passages plus touristiques est très bon, et donne à la série une harmonie rafraîchissante. Je ne sais pas si les autrices sauront varier leurs rebondissements et éviter la redite dans les prochains albums... car, en version roman, il existe à ce jour 10 autres titres que je n'ai pas lus, avec autant de destinations différentes (Barcelone, Québec, La Havane, Amsterdam, Rome, San Francisco, Hollywood, Athènes, Hawaii et Tokyo!!). Seront-ils tous mis en album? Peut-être pas, puisque les BD #1, 2 et 3 correspondent aux romans #1, 5 et 9... Mais il ne s'agit peut-être là que d'une décision marketing pour bien accrocher les lectrices européennes (avec des villes qui leur sont plus familières) avant de leur faire découvrir la suite plus tard?... Chose certaine, pour le moment, la magie fonctionne et l'intérêt demeure intact!

Bref, une belle série à mettre entre toutes les mains, idéale pour préparer un voyage, par exemple! À partir de 9 ans.

 

Mes bémols :

 

  • une coquille... À la p.43 du premier tome, la mère de Juliette traduit à sa fille les paroles d'une policière new-yorkaise en disant: «Il dit de rester ici.» Pourtant, il est clair qu'il s'agit d'une femme. À moins que ce IL ne fasse référence à «l'agent»... ce qui est tout aussi fautif, puisqu'il s'agit d'une agente de police... Mais la féminisation des titres et fonctions, chez les Européens, ce n'est TELLEMENT pas gagné!!Même quand ce sont des femmes qui tiennent les plumes et les pinceaux, apparemment!! C'est d'une tristesse! :^(

 

  • le petit côté sur-léché. J'aime la beauté et le léché... mais, ici, c'est peut-être un petit peu intense. Comme je le disais plus haut, tout le monde est splendide! On dirait que tous les personnages ont été engagés dans une agence de mannequinat, jusqu'au dernier des figurants! C'est tout juste si les bas-fonds du Queens n'ont pas l'air du Pays des Merveilles! Ajuster un peu la palette de couleurs ne ferait pas de tort...

 

  • la surcharge visuelle de certaines pages. Je sais qu'il y a beaucoup de matière: adapter un roman de 275 pages en 46 planches, ça ne doit pas être évident... Mais il arrive que certaines de ces planches soient un peu trop chargées, tant en texte qu'en détails visuels. Peut-être aurait-il fallu élaguer un peu plus dans le texte, ou épurer quelques illustrations, surtout pour les planches concernées, celles avec plusieurs cases incises dans de plus grandes? Ça semble d'autant plus lourd que les caniveaux entre les cases sont très étroits, beaucoup plus que le standard auquel on est habitués...

 

Les plus grandes forces de cette BD :

 

  • la joliesse des dessins et de l'ensemble. Oui, c'est très bling-bling, peut-être même trop au goût de certains, mais ça reste agréable à l'œil. Ces mannequins (dont je me plaignais du nombre), ils sont jolis à regarder, tout comme les paillettes, sur les couvertures! Et je tiens à souligner le grand talent de Mme Decrock pour les décors! Elle parvient à rendre merveilleusement bien des monuments pas évidents à dessiner, comme le Louvres ou le Tower Bridge. Mentions spéciales pour son Gold State Coach (le carrosse tout en or de George III) et pour sa galerie de l'Opéra Garnier: tout simplement sublimes!! (Et merci pour la jolie dédicace de mon tome #1!! ;^)

 

  • la grande quantité d'informations... Je craignais que l'aspect documentaire ne fasse trop scolaire, mais c'est finalement très bien intégré à l'ensemble, et de façons très variées! C'est parfois la mère qui explique des trucs à sa fille, parfois un guide, une application... ou Juliette, qui résume ses journées par l'entremise des pages de son scrapbook! La grande quantité d'informations que les autrices ont pu incorporer, malgré le nombre de pages assez limité, m'a donc grandement surpris. La grande majorité des incontournables y sont: Time Square, Central Park, Chinatown... le Cimetière du Père-Lachaise, la Tour Eiffel, les catacombes, Notre-Dame-de-Paris (avant le catastrophique incendie)... Piccadilly Circus, le palais de Buckingham (avec des infos fort étonnantes!), la Tour de Londres... Mais certaines attractions moins centrales y sont aussi, comme le Juilliard School, le Flatiron Building... et le Quai 9 ¾ !! ;^) On pense même à aborder des phénomènes comme les disparités sociales, par l'entremise des jeunes Afro-Américains de Harlem ou des importantes manifestations de travailleurs londoniens!

 

  • d'intéressants personnages secondaires. C'est bien évident que les voyages favorisent les rencontres! J'ai particulièrement apprécié la bande de petits Haïtiens, à New York, l'étrange gouvernante britannique (sorte d'anti-Mary Poppins!)... et Luc Langevin, le magicien québécois de l'heure! Quelle étonnante surprise de le retrouver dans une BD!! ;^)

 

  • la vivacité du langage. Sans tomber dans le slang ou de jargon d'ado, on a droit à un «Tu me niaises!», un «C'est poche!», des «C'est chill!» (si chers aux ados de chez-nous), un «B'en non!» et un... «Mautadine!» !! ;^D J'ai aussi ADORÉ le fait qu'on n'ait pas cherché à tout traduire, qu'on ait laissé certains phylactères en anglais (avec traduction en bas de page, mais pas toujours!): ça démontre qu'on ne prend pas les lecteurs pour des nouilles! (Et puis, une autre preuve de la modernité de la série: l'omniprésence de la technologie, avec Facebook, Instagram et tutti quanti! On est auprès d'ados, après tout!)

 

  • les libertés narratives que se permet madame Brasset. Malgré les côtés gentillet et intello qui semblent se dégager de l'ensemble, l'autrice n'hésite pas à mousser son récit de suspense... ou même d'un infime soupçon de fantastique! Ainsi, la disparition d'Astrid, qui se retrouvera entre les mains d'un gang de rue, dans le Queens, avec menace de mort et bataille à coups de batte de baseball, c'est assez intense!! Pour leurs parts, les «apparitions» du fantôme de l'Opéra (à Paris) ou de la fée Morgane (à Londres), ajoutent une amusante touche de magie aux aventures de notre nouvelle amie. En fait, toute l'exploitation de la thématique de la Magie, dans le tome sur Londres, est amusante (de Luc Langevin à Mary Poppins, en passant par Harry Potter et Morgane la fée!).

 

  • quelques petites touches humoristiques. Les commentaires de Juliette sur la bouffe britannique, par exemple, ou sur les vêtements de sa mère (qui «...datent tous du 20e siècle!») sont très amusants! Et que dire de la panoplie de petits sobriquets affectueux que la mère donne à sa fille: pitchounette, poussinette, juliettounette, chatounette et choupinette! Si c'est pas de l'amour, ça, je me demande ce que c'est!! ;^)

 

  • la belle récupération de la thématique de la confiance en soi, dans le tome sur Londres. Au départ, j'ai trouvé que la mère appuyait un peu trop sur sa petite morale (du genre Fais-toi confiance!, aux p. 24 et 25) mais, au final, le récit se met à servir le propos sans qu'on n'ait à taper sur le clou à l'aide de gros sabots, si vous me permettez ce perronisme! ;^)

 

 


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@ Marsi : Ni l'un, ni l'autre, bien sûr! Mais quel plaisir tu me fais en rappelant à ma mémoire ce si chouette personnage qu'était Marmaduke!! Il me faisait tant rire, dans La Presse, étant jeune!! ;^)
Rédigé par pgluneau le lundi 03 août 2020 à 13:05


Tu réfères à Marmaduke ou Scooby-Doo ? This is the real question !
Rédigé par Marsi le samedi 01 août 2020 à 12:54


@ Marsi : Je dois t'avouer que le mudlarking n'est pas mentionné dans Juliette à Londres!! Ça aurait pourtant été fort original, comme activité! ;^)

Je t'imagine bien, à quatre pattes dans la boue à chercher des reliques... Après tout, tu as une longue expérience en la matière!! Mais sauras-tu troquer tes agates chéries pour d'hypothétiques trésors archéologiques??

This is the question! (comme dirait un certain Danois... à l'aide des mots d'un célèbre Londonien! ;^)
Rédigé par pgluneau le samedi 01 août 2020 à 10:21


Ça m'apparaît intéressant même si la forme n'est pas pour moi. Mais ne crachons sur aucune possibilité d'aller chercher de l'information sur ces mégavilles. Je suis certain que je pourrais tout de même en apprendre sur les recoins de la Big Apple, de la ville Lumière ou de la Old Smoke (Je viens de l'apprendre, celle-là). En passant, dans le même sujet de Londres, je m'intéresse ces temps-ci au "mudlarking" londonien et je suis sûr que tu trouverais quand même intéressant de jeter un coup d'oeil à cette pratique qui exige patience ainsi qu'un bon sens de l'observation. Il s'agit pour les adeptes de rejoindre les rives de la Tamise alors que la marée est à son plus bas et de rechercher des artefacts des siècles passés. C'est absolument fascinant tout ce qu'elles et ils arrivent à extirper des fonds de ce fleuve qui a vu passer toutes les époques, du néolithique à aujourd'hui. C'est une activité boueuse et salissante mais qui, étrangement, ne semble pas être si répugnante ou nauséabonde qu'on aurait pu l'imaginer. Je me disais qu'en allant, un jour, dans la Ville-Monde (C'est son autre surnom paraît-il), je pourrais entraîner Venise le temps d'une demie-journée, mais j'ai appris qu'il fallait un permis délivré par la ville pour pouvoir s'y mettre. Bon... Celle que je suis sur YouTube est une dénommée Nicola White.
Rédigé par Marsi le vendredi 31 juillet 2020 à 14:06


@ Anne des Ocreries : Tu apprécierais sûrement, Anne!
Rédigé par pgluneau le mercredi 22 juillet 2020 à 15:47


Ah, j'aurais envie de voir ça de plus près, tiens...
Rédigé par anne des ocreries le samedi 18 juillet 2020 à 13:18




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