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Seule à la récré
SEULE À LA RÉCRÉ
Scénariste(s) : ANA , BLOZ
Dessinateur(s) : BLOZ
Éditions : Bamboo
Collection : X
Série : Seule à la récré
Année : 2017     Nb. pages : 48
Style(s) narratif(s) : Gags en une planche
Genre(s) : Quotidien, Récit psychologique, Humour social, Humour tendre
Appréciation : 5 / 6
Intimidation 101
Écrit le vendredi 22 mai 2020 par PG Luneau

S'il est UN sujet dont on entend parler chaque fois qu'on parle d'éducation, depuis une bonne dizaine d'années, c'est bien l'INTIMIDATION. Le terme revient, chaque semaine, dans les journaux, les reportages-télé, sur le Net... et dans chaque école! Étant donné qu'il s'agit là de mon milieu de travail, en tant qu'enseignant, il est bien évident que je me sente particulièrement interpelé par le sujet!

Entendons-nous, le phénomène n'est pas nouveau... et j'en sais quelque chose! De tous temps, il y a eu des jeunes qui se sont acharnés sur certains autres, que ce soit physiquement ou psychologiquement. N'ayant jamais été très athlétique, ni doué pour aucun sport, on m'a longtemps mis de côté, lorsque venait le temps de faire des équipes, et on ne s'est pas gêné pour me traiter, quotidiennement, de tapette, de moumoune, de fif ou d'autres épithètes tout aussi peu glorieuses. Je m'en suis sorti, et très bien, à part ça!! ;^) Mais ça m'a marqué beaucoup plus profondément que je ne l'aurais cru... Je m'en rends compte en l'écrivant : je n'ai pas à creuser bien loin pour retrouver, dans mes tripes, les sentiments de mal-être, de honte, de rage, d'incompréhension que je ressentais alors... même 40 ans après... C'est complètement fou...

C'est dire à quel point il est important d'en parler encore et, surtout, d'agir! Sensibilisation, prévention, éducation, intervention... même si on peut parfois avoir l'impression (moi le premier!) que les projecteurs sont TROP dirigés vers ce phénomène! C'est sûr que le terme est souvent galvaudé par ceux qui mélangent encore les choses : une maman d'élève est déjà venue se plaindre que son enfant se faisait INTIMIDER par une autre, qui n'arrêtait pas de le poursuivre dans la cour d'école pour exiger qu'il joue avec elle! N'est pas intimidation toute chicane entre amis ou caprice enfantin!... Mais toutes ces situations peuvent MENER à de l'intimidation, d'où l'importance d'intervenir quand même, bien évidemment!

En BD, le sujet du harcèlement scolaire n'a pas très souvent été abordé, et certainement pas de façon aussi complète, efficace et abordable que dans ce petit one shot du duo père / fille Bloz & Ana : Seule à la récré. Non seulement cet album nous présente-t-il une jeune fille attachante devenue la proie, littéralement, d'une autre élève particulièrement méchante, mais il nous montre ensuite toute l'évolution du problème... puis, finalement, celui de la solution! Tout le processus est abordé, avec un petit soupçon d'humour... tout petit... vraiment tout petit...

En effet, ce bouquin se présente comme une série de gags en une planche... mais l'aspect humoristique reste plutôt épisodique! En effet, j'ai bien peu ri, ni même souri en lisant ces gags... mais c'est parfait comme ça!! Le sujet, après tout, ne s'en veut pas un qui pousse à rire! Disons plutôt que les auteurs ont voulu lui insuffler une certaine légèreté, et ça, ils y parviennent avec brio!

Dans les faits, chaque planche nous présente une petite tranche de vie où l'on voit se construire, peu à peu la toile d'humiliation et de découragement dans laquelle la pauvre Emma se trouvera empêtrée... Si quelques-uns de ces moments sont plus amusants, c'est presque accidentel! En fait, plusieurs sont touchants, et certains autres, carrément bouleversants, de par leur caractère tragique!

L'ensemble nous touche d'autant plus au cœur qu'on sait d'emblée, en lisant le mot des auteurs, en début d'album, qu'ils sont eux-mêmes passés par là, qu'Ana a elle-même vécu toutes ces étapes, mais en pire! :^( Qu'ils aient choisi d'en faire un outil de sensibilisation et d'éducation, c'est vraiment tout à leur honneur! En tant que lecteurs, nous ne pouvons que leur en être reconnaissants!

Seule à la récré, un album qui se mériterait  4/6, mais auquel j'ajoute + 1 pour l'importance de son thème, la pertinence de son approche et l'efficacité de son traitement. À partir de 8 ans...

 

Mes bémols :

 

  • l'aveuglement volontaire de certains responsables d'institution. L'album nous présente une directrice d'école qui affirme, d'un ton hautain, que l'intimidation n'a pas cours, dans son établissement... Ce gag m'a troublé, il m'a dérangé profondément, m'a choqué... Quelle gourde! Qu'un enseignant nie que tel enfant intimide tel autre parce qu'il n'a jamais été témoin ou n'en a jamais eu vent, c'est probablement assez fréquent. Qu'il nie volontairement par peur des complications, par insouciance ou même par méchanceté, ce serait horrible, mais je crois que c'est possible... Mais qu'un dirigeant d'établissement affirme quelque chose d'aussi radical, c'est juste absurde! Pourquoi? Pour ne pas entacher la réputation de son établissement? Je le concevrai plus, à la limite, dans un collège privé. Mais là, j'avoue être encore sous le choc!

 

  • un gag que je ne comprends pas: celui de la p.32. Si quelqu'un avait la gentillesse de m'expliquer le raisonnement de l'enseignante qui, dans le phylactère de la 7e vignette, dit qu'elle a quelques kilos en trop, qu'elle devrait faire un régime et que c'est la raison pour laquelle elle ne sort pas à la récré??J'apprécierais! :^S

 

  • petit oubli graphique! Dans le gag de la p.35... tous les pupitres sont vides, d'un vide immaculé!!! ;^) Même celui d'Emma! Où prennent-ils leur matériel, les élèves, quand on leur demande de travailler?? Je crois que Bloz l'a échappée, celle-là. ;^)

 

  • l'absence d'intervention ou de suivi auprès de la coupable. Comme je l'expliquais plus haut, l'album trace un excellent portrait de TOUT le processus: l'intimidation, mais aussi les interventions auprès de la victime, les gestes à poser, les changements à instaurer... sauf pour tout ce qui touche cette peste de Clarisse! On voit bien que la directrice et l'enseignante sont peu enclines à confronter les parents de la garce sur la question, ce qui est bien compréhensible, mais encore faut-il qu'elles le fassent! De plus, la bitch en question a AUSSI besoin d'aide: si elle est comme elle est, il y a des raisons, et il serait impératif de TROUVER ces raisons, et de travailler à les désamorcer, question de s'éviter de futurs problèmes... et d'aider cette harceleuse qui, on le sait, est très certainement profondément malheureuse, pour être aussi détestable. C'est, à mon sens, LA principale facette oubliée de l'album.

 

Les plus grandes forces de cette BD :

 

  • le charme des dessins. Rappelant un peu les traits de Pierre Tranchand, dit Pica, que j'aime beaucoup (Marine, fille de pirate; les Profs; Croco et Fastefoude; l'École Abracadabra...), ceux de Bloz sont ronds et souples à souhait. Ils apportent une belle dose de légèreté à l'album, qui le mérite bien, compte tenu du sérieux du sujet. Toute lourdeur est évitée... et les couleurs, douces mais assez franches, contribuent, elles aussi, à alléger la sauce et rendre l'ensemble tout à fait sympathique!

 

  • l'importance du thème. J'en ai beaucoup parlé plus haut, mais je récidive: il était temps que le 9e art montre, de façon suffisamment ludique pour attirer tout le monde, ce à quoi ressemble l'intimidation de l'intérieur! Oui, on demande aux élèves d'essayer de faire preuve d'empathie, d'imaginer comment l'autre peut se sentir et de se mettre à sa place, lors de nos ateliers sur le sujet... Mais le fait de le montrer, sous forme de petits récits, permet bien plus aux lecteurs de 8, 10 ou 12 ans de s'attacher à Emma et de MIEUX ressentir cette empathie tant recherchée! De plus, j'ai bien aimé que les auteurs aient eu le courage d'aller quand même assez loin. Ils ont choisi d'éviter le sous-thème de la cyber-intimidation (une décision justifiée, puisque cette forme de violence est plutôt l'apanage des ados un petit peu plus âgés, rendus au secondaire), mais ne se sont pas contentés de moqueries et de manipulations psychologiques: les vignettes où l'on voit le petit clan des harceleuses gifler Emma, lui cracher dessus ou lui donner des coups de pieds (au point de laisser des bleus!) sont troublantes, choquantes même, mais très réalistes! Elles nous forcent à nous ouvrir les yeux sur les dérives possibles du phénomène... À ce propos, les traitements que Clarisse fait subir à Emma sont si méchants que lorsqu'elle la menace de ne pas en parler parce que «...son existence deviendrait un enfer», je n'ai pas pu m'empêcher de penser qu'elle pourrait difficilement l'être plus! Heureusement, Emma se décide (enfin!) à briser le silence dès la p.15, ce qui laisse plein de temps aux auteurs pour démontrer à quel point l'Après n'est pas si évident que ça non plus! C'est vraiment finement mené! Bravo, Ana & Bloz!

 

  • le caractère vraiment méprisable de la Clarisse! Ce n'est pas qu'une peste ou une caïde: c'est carrément une future criminelle en puissance, voire une quasi-psychopathe! Elle va même jusqu'à faire chanter son enseignante, la bougresse!:^0 J'aime beaucoup qu'on ait pensé à mettre un gag qui nous la présente avec ses parents, question de nous pister minimalement sur l'origine de ses comportements... Même son nom est détestable: Clarisse POUX!! ;^D

 

  • le fait d'avoir plus que la simple intimidation, d'avoir présenté (presque!) toutes les étapes du processus, incluant des pistes de solutions pour que la victime puisse reprendre le contrôle. J'en ai abondamment parlé plus haut...

 

  • l'excellent dossier théorique de six pages qui complète l'album. On nous y explique très bien les caractéristiques spécifiques du harcèlement, les différentes facettes qu'il peut prendre, le jeu de pouvoir qui existe entre le harceleur, sa victime... et les témoins, qu'on oublie souvent mais qui ont un rôle si important à jouer: celui de passer de témoin passif à témoin agissant! Suivent des guides pour savoir comment réagir (et une importante liste de ressources, mais françaises, malheureusement: elles nous seront donc de bien peu d'utilité à nous, au Québec, mais quand même)... On y parle aussi, brièvement, de cette cyber-intimidation qu'on a décidé de ne pas inclure dans la BD, et des lois françaises qui prédominent en la matière. Saviez-vous qu'en France, un ado de 13 ans peut faire 6 mois de prison et payer une amende de 7500 euros (plus de 11000$ !?) s'il est jugé coupable d'intimidation!!?? :^o J'aurais tendance à dire: tant pis pour lui !!

 

 


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@ Marsi : En fait, c'est à nous, éducateurs et enseignants, de dépister ces intimidateurs, puis de faire en sorte que le problème soit abordé et référé à des professionnels qui pourront aider ces jeunes qui, on s'en doute bien, ne sont pas bien dans leur peau! Malheureusement, il y a dans ce que je viens d'écrire tant d'écueils : surcharge de notre part, refus de plusieurs parents de voir la réalité en face, manque de ressources professionnelles... Rien n'est facile, malheureusement, dans ce dossier! :^(
Rédigé par pgluneau le mercredi 10 juin 2020 à 13:19


Merci aux auteurs d'avoir réalisé et à toi de nous présenter cet album. Je compatis tellement avec ces victimes d'intimidation. Pour un, l'avoir moi-même été, mais si peu, dans ma jeunesse et surtout pour connaître un être qui m'est immensément cher et qui l'a vécu jusqu'à presque s'y perdre.
Ce que j'aimerais, c'est d'interroger toutes ces "Clarisse" féminines et masculins à l'âge adulte. Surtout ceux et celles qui se sont sortis de leur rôle de prédateur. Ils nous aideraient certainement à trouver une piste de solution à condition qu'elles et ils aient compris ce cheminement tortueux qui mène au harcèlement.
Rédigé par Marsi le dimanche 07 juin 2020 à 14:30


@ Bloz : Merci à vous!

Si ça peut vous rassurer, sachez que (comme je le disais au début de ma critique) les thèmes du harcèlement et de l'intimidation sont pris de plus en plus au sérieux dans les écoles du Québec... du moins, dans celles que je connais! La loi oblige maintenant les établissements à avoir un programme d'intervention, qui inclut toujours un volet formation et sensibilisation des élèves. Divers ateliers sont donc donnés aux jeunes, et j'ai très hâte de montrer votre album à l'éducatrice qui est en charge de ces ateliers à notre école!

Continuez votre beau travail, et félicitez Ana de ma part : elle est vraiment un super exemple de résilience!

À bientôt, j'espère!
Rédigé par pgluneau le samedi 23 mai 2020 à 19:37


Merci beaucoup, Pierre-Greg.
cet album est vraiment à part dans ma production BD, car il est très personnel et avec Ana nous avons tenté de faire bouger les choses, à notre niveau .
Il aura fallu attendre la seconde charge de la harceleuse contre Ana, au lycée, pour nous convaincre de nous lancer dans cette entreprise .
C’est un peu perturbant, délicat, et peut-être hasardeux d’aborder ce sujet qui est encore trop souvent tabou, mais nous souhaitions que cette sale expérience puisse servir à d’autres enfants en souffrance.
Toujours avec l’espoir que la lecture de cet album déclenche des conversations et libère la parole.
Bamboo nous a fait confiance et a joué le jeu, motivé par les mêmes raisons .
Nous sommes très heureux de l’accueil qu’a reçu notre ouvrage, et encore plus de savoir qu’il débloque des situations de harcèlements .
Avec Ana, nous sommes maintenant régulièrement conviés pour des interventions scolaires, pour échanger avec des enfants, c’est très constructifs. Ana trouve une utilité ce qu’elle a vécu.
Malheureusement, il reste beaucoup, beaucoup à faire sur le sujet ...
Merci encore, et au plaisir de vous lire . ;-)
Rédigé par Bloz le samedi 23 mai 2020 à 14:14


@ Bloz : C'est vraiment un honneur pour moi de vous accueillir dans ma Lucarne! Les bédéistes qui prennent la peine de m'écrire sont peu nombreux, surtout les Européens! J'en suis, à chaque fois, très flatté.

Et je le suis d'autant plus dans ce cas-ci, car tout le monde conviendra que Seule à la récré n'est pas un album ordinaire. De par son thème, il joue un rôle beaucoup plus marquant que les BD humoristiques traditionnelles, un rôle social et pédagogique indéniable.

Vos intentions étaient louables, et vous avez parfaitement atteint vos objectifs : montrer, nommer, sensibiliser, le tout avec une certaine légèreté.

Je compatis sincèrement avec vous à l'égard de tout ce que vous avez dû endurer, et particulièrement avec Ana, bien sûr, puisque c'est elle qui était «au front»! :^S

Je vous plains d'avoir dû supporter tout ça : la «famille Poux», bien sûr, mais aussi la résistance (ou plutôt la «fin de non-recevoir») de votre administration scolaire : c'est vraiment révoltant! Mais j'avoue que la petitesse de votre milieu explique un peu les choses (sans aucunement les excuser, bien sûr!) et m’aide à mieux le concevoir.

Pour la p.32, je n’avais pas compris que c’était pour se cacher que l’enseignante demeurait à l’intérieur : je ne voyais que le côté «activité physique» de la chose, en me disant que, justement, si elle sortait et qu’elle allait marcher, ça contribuerait à sa remise en forme! Merci pour ces éclaircissements.

Vous avez très bien amené l’impact des parents Poux sur le développement de leur fille, avec juste assez de subtilité, sans trop appuyer : c’est d’autant plus intéressant. Même chose pour l’hypocrisie des autres parents : cette planche 21 démontre un parfait équilibre d’humour et de cruauté… Elle va droit au cœur, tout en faisant sourire : c’est très fort! Chapeau!

Votre commentaire me fait réaliser à quel point l’album est autobiographique. Ce faisant, je comprends mieux pourquoi vous n’avez pas été particulièrement tenté d’aborder l’aspect «Quoi faire pour aider la harceleuse?»… surtout si cette garce est réapparue dans votre vie quelques années plus tard, comme vous le racontez. Pauvre vous! Quelle horreur ça a dû être pour Ana! J’en ai eu un point au ventre en lisant votre commentaire!! :^0

Je vous remercie encore de tous ces éclaircissements, et je vous souhaite, à Ana et à vous, encore beaucoup de succès avec cet album qui le mérite bien… ainsi que le repos et la paix intérieure que vous méritez après avoir traversé toutes ces tempêtes!

À bientôt, j’espère : il m'arrivera fort probablement de critiquer certains autres de vos albums!

Pierre-Greg Luneau
Rédigé par pgluneau le samedi 23 mai 2020 à 11:51


@ Solange : Merci, Solange!

En fait, il est évident que les intimidateurs (enfants comme adultes!) ne vont pas bien! Il leur faut impérativement chercher la cause de leur mal-être, et agir en conséquence : il en va de leur bonheur, mais aussi de celui de toutes leurs futures victimes potentielles! Quant à savoir s'ils auront l'ouverture d'esprit de le réaliser, d'aller chercher de l'aide ou d'accepter celle qu'on leur offre... rien n'est moins sûr, malheureusement! :^(

C'est très gentil de ta part d'être passé dans ma Lucarne! Je m'ennuie de vous autres! À très bientôt, j'espère!
Rédigé par pgluneau le samedi 23 mai 2020 à 10:49


@ Danielle : Oh! Merci, très chère Danielle! C'est avec un TRÈS grand plaisir que j'accepte ton invitation! ;^)

Pour ce qui est de la solution présentée, je n'en ai pas trop parlé, pour ne rien divulgâcher, mais puisque Bloz lui-même (le co-scénariste et dessinateur!! ;^) en parle un peu dans son commentaire, plus bas, je peux bien le dire : après une certaine forme d'émancipation (via jeu de rôle et humour), Camille change tout simplement d'école!

C'est vraiment dommage (et plutôt révoltant!) que ce soit à la victime et sa famille de plier... mais je conçois aisément qu'à force de combattre un système qui demeure inflexible, on en vienne à opter pour la fuite. Pour le bien de notre santé mentale, il faut parfois choisir ses combats!

Et puis, même en intervenant auprès des fautifs (enfants ET parents), il y a certains cas désespérés, où toutes les interventions du monde n'arrivent pas à changer la donne. Je l'ai vu à quelques reprises, en 27 ans de carrière!... C'est bien dommage... :^(
Rédigé par pgluneau le samedi 23 mai 2020 à 10:31


@ Anne des Ocreries : J'ai joué un extrait de pièce de théâtre, il y a des années, où j'avais une réplique tout à fait de circonstance : «Alors là tu me la coupes!» Vraiment!?!?! C'est abominable! C'est une belle preuve qu'il y a des incompétents partout, malheureusement! :^P

Raison de plus, alors, pour que cet album se retrouve dans tous les foyers où il y a des enfants et, surtout, dans toutes les écoles primaires de la planète!

Je décrète : Lecture obligatoire pour tous les directeurs et directrices d'établissement scolaire! ;^)
Rédigé par pgluneau le samedi 23 mai 2020 à 10:17


Bonjour, et merci beaucoup pour l’intérêt que vous portez à notre album .

Comme vous l’avez précisé, il retrace quelques années de harcèlement scolaire qu’a subi ma fille (Ana, co-scénariste de la BD), dès ses sept ans dans l’école de notre village.
Nous avons, après y avoir murement réfléchi, choisi d’aborder ce sujet avec une pointe d’humour pour que le fond de l’album ne rebute pas les plus jeunes; nous souhaitions “dédramatiser“ un peu notre thème et amener ces jeunes lecteurs à se questionner, s’ils sont confrontés au harcèlement , et les aider à mettre un nom sur ce phénomène ainsi qu’à se situer : victime (je n’aime pas trop ce mot), harceleur, suiveur, témoin passif ou actif...

Ensuite, pour la construction des pages, c’est notre histoire, vécue, que nous avons adapté et qui a inspiré chaque scénette.

Et en effet, et je comprends que cela puisse vous surprendre, nous n’avons absolument pas été soutenu par la directrice de l’établissement, qui nous a dit ne jamais avoir eu ce genre de cas dans ses murs; je pense plutôt qu’elle ne souhaitait pas faire de vagues au sein de notre petit village (- de 700 habitants), qu’elle ne souhaitait pas se confronter à la famille de la harceleuse et des suiveuses.... dommage, quel ratage , tant pour ma fille que pour les suivantes, ainsi que pour la harceleuse qui se “construit” mal.

Concernant le “gag” 32, encore une fois , il repose sur une anecdote réelle; il est là pour montrer à l’enfant que les adultes peuvent, eux aussi, vivre ce type de situation (donc la comprendre, et que l’enfant peut en parler) , et d’ailleurs ici, les parents de notre harceleuse moquaient cette institutrice.
Ces parents dont on sent la présence sur plusieurs pages, et qui influencent pour beaucoup le comportement de leur fille harceleuse. Pour moi, ils sont en grande partie les responsables.
Et ça aussi nous voulions le faire passer dans nos cases.
Faire bouger aussi les parents d’élèves, sur une autre page...

Concernant l'absence d'intervention ou de suivi auprès de la coupable, c’est un fait, et comme à la fin de l’album, nous avons du changer Ana d’école, pour un village voisin, découragés, après 2 ans et demi de conflits.
Nous nous en serions passés, mais rien n’était fait dans le bon sens.

Dans sa nouvelle école, Ana a trouvé de supers camarades, ses notes sont reparties à la hausse et tout allait pour le mieux, un soulagement pour tous.
Puis 4 années de collège, hors de son secteur toujours, sans problèmes.

Puis 6 ans plus tard, jeune ado, au lycée cette fois , Ana se retrouve de nouveau face à sa harceleuse, qui tente aussitôt de redémarrer ses méchancetés, intimidations et mensonges (nous avons appris qu’entre temps, elle s’en était prise à d’autres).
6 ans plus tard !!!!! “ Clarisse “ remettait ça !!! C’est là qu’avec Ana, nous avons décidé de travailler sur notre album.
Comme vous, je crois sérieusement que cette fille souffre de graves problèmes (abordés page 4 par exemple), mais en tant que parent d’un enfant harcelé, je n’ai ni le courage après cette bataille de chercher lesquels, ni de tenter de l’excuser . Je ne vais pas non plus l’accabler, mais ce n’est pas mon rôle.

Maintenant Ana va très bien, elle poursuit son chemin, ainsi que l’album qui est un outil de travail pédagogique dans de nombreuses classes .
C’était notre but, et des nombreux retours positifs, notamment en festivals, nous réconfortent dans ce sens.
Je vous remercie beaucoup pour l’avoir partagé également .
Rédigé par Bloz le vendredi 22 mai 2020 à 11:35


Je n'ai pas lu la BD mais j'ai beaucoup aimé ton analyse. J’aime surtout le fait que tu précises que la petite peste aussi a besoin d’aide. Ton cœur est aussi grand que je le connais.
Rédigé par Solange le vendredi 22 mai 2020 à 9:06


Moi,je te prends dans mon équipe mon beau Pierre-Greg! :-)
Curieuse aussi de savoir comment Emma parvient à se dépêtrer de son bourreau.
Rédigé par Danielle le vendredi 22 mai 2020 à 8:00


Hey, tsé quoi ? ça existe, les directeurs d'établissement scolaire dans le déni absolu de ce qui se passe dans ses murs. Je le sais. Une maman de mes amies a vu son enfant s'étioler et souffrir comme ça, pendant deux trop longues années, à cause de ce type de déni. La petite pisseuse qui harcelait sa fille en primaire l'a poursuivie au secondaire, malgré les multiples interventions des parents, et je te jure qu'il a fallu qu'elle se batte VRAIMENT pour que des mesures soient prises. ça laissera des traces sur la jeune, qui est à présent au lycée, et qui a tant souffert ; heureusement, parents, fratrie et amis de la famille l'ont entourée de leurs meilleurs soins : on a évité le pire.
Si si, ce genre de monde là, ça existe, promis.

Il me fait envie, cet album, c'est un " must have " à mon avis. Faut que je me le trouve, fissa !
Rédigé par anne des ocreries le vendredi 22 mai 2020 à 7:52




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