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#01- Entrée
#01- ENTRÉE
Scénariste(s) : Patricia LYFOUNG
Dessinateur(s) : Patricia LYFOUNG, Linda AKSONESILP, KARINA
Éditions : Delcourt
Collection : X
Série : Un prince à croquer
Année : 2011     Nb. pages : 48
Style(s) narratif(s) : Récit à suivre (4/4) (Inspiration manga)
Genre(s) : Quotidien, Humour naïf, Récit psychologique, Conte réinventé
Appréciation : 4.5 / 6
Attention : Prince en fugue!
Écrit le dimanche 14 juin 2020 par PG Luneau

Tomes lus : #01- Entrée (Dess. : Patricia LYFOUNG)

            #02- Plat (Dess. : Patricia LYFOUNG & Linda AKSONESILP, 2013)

            #03- Entremet (Dess. : Patricia LYFOUNG & KARINA, 2015)

            #04- Dessert (Dess. : Patricia LYFOUNG & KARINA, 2016)

Patricia Lyfoung s'est fait connaître principalement grâce à sa série-fleuve de cape et d'épée la Rose écarlate, série sur laquelle elle travaille à un rythme aussi effréné que Patrick Sobral le fait sur ses Légendaires. Ces deux séries sont, sans contredit, les plus grands succès jeunesse des dernières années, tous genres confondus!

Mais parallèlement aux aventures masquées de la belle Maud de la Rose écarlate, madame Lyfoung nous a pondu une petite tétralogie plus ancrée dans notre époque, toute bordée de strass, de glamour et de romance : Un prince à croquer. Et si cette série est passée un peu plus inaperçue, c'est bien dommage, car dans le genre bluette gentille un brin humoristique, il n'y a pas plus sympathique!

Oui, d'accord, j'ai probablement une quarantaine d'années de plus que le lectorat visé, et je ne suis pas du bon genre non plus, mais voyez : j'ai tout de même apprécié!! C'est dire combien ces 4 albums méritent votre intérêt, non??! ;^)

Bien sûr, il faut s'attendre à ce que c'est : une romance impossible dans les hautes sphères d'une petite principauté fictive comme il y en a (pas tant! ;^) en Europe! Le but reste sans doute de faire rêver les jeunes pré-adolescentes en mal d'amour, tout en les tenant en haleine et en les faisant sourire au passage.

Bien sûr aussi, il faut aimer le style manga, que madame Lyfoung affectionne tout particulièrement. Il faut l'aimer d'autant plus qu'il nous est servi dans un album cartonné format franco-belge standard, et en couleurs. Les personnages et les décors n'en sont que plus gros, plus visibles... et les petits défauts que la petitesse d'un manga ou son noir et blanc peuvent faire disparaître frappent ici le lecteur de plein fouet. Qu'à cela ne tienne, ce Prince est peut-être à croquer, mais ses déboires m'ont surtout bien diverti, et j'avais grand plaisir à replonger dans chacun des 4 tomes de la série lorsque j'en reprenais la lecture.

Mais quels sont-ils, ces déboires?

La série raconte la fuite du prince Nicolas, héritier du petit royaume de Dulime, coincé entre la France, la Suisse et l'Allemagne. Le jeune homme, qu'on est sur le point de marier avec la fille d'un homme d'affaire américain immensément riche, parvient à fuir jusqu'à Paris, grâce à l'aide (plutôt involontaire) de Charlie, son garde du corps démissionnaire. Charlie demandera même à sa sœur, Margot, cheffe cuisinière d'un restaurant 5 étoiles, d'héberger le jeune homme, mais se gardant bien de lui révéler sa réelle identité! C'est donc sous le surnom de Noa que Nicolas, charmant empoté de première, fera ses premiers pas dans la vraie vie, celle des gens ordinaires, et apprendra à travailler comme plongeur au restaurant qui emploie Margot.

De fil en aiguille, les liens se resserreront et plusieurs problèmes se profileront... surtout quand Gwladys, la riche héritière américaine invivable, débarquera au dit restaurant pour le relooker, son prince ayant disparu! Car oui, bien évidemment, le hasard a fait que le fameux resto appartient au futur beau-père de Nicolas!! Quiproquos, imbroglios, méprises, jeux de rôles, rivalités... La vie parisienne du beau Nicolas / Noa ne sera pas de tout repos! Elle sera fortement pimentée par les affres de la toute belle Margot (véritable sosie d'Audrey Hepburn! ;^), jeune femme déterminée à tailler sa place dans le monde de la restauration... mais un brin colérique! De quoi faire le bonheur de tous les amateurs (et, surtout, toutes les amatrices!) de romance bien ficelée, agrémentée d'une bonne couche d'humour! Dès 12 ans.

 

Mes bémols :

 

  • plusieurs faiblesses graphiques. Les silhouettes sont, généralement, très rectilignes, manquant sérieusement de souplesse. C'est flagrant surtout pour les personnages masculins du premier tome (voir la posture du «cadavre», au bas de la p.17!)... et pour tous les véhicules!! Puis, il y a assez souvent des petits soucis de proportions... On remarquera aussi que plus les personnages sont virils, plus ces problèmes seront marqués! Le visage de Charlie en est un très bon exemple! Ou au bas de la p.13 du tome #3: on peine à savoir si Noa est de face ou de dos!?!:^O Autre bémol important: quand madame Lyfoung intègre (manga oblige!!) des éléments cartoonesques à certaines de ses vignettes. Manifestement, elle est moins familière avec cette technique: ils sont souvent trop hachurés, indistincts, et détonnent trop du reste de son style, très propret. Il est vrai qu'avec la couleur, l'effet n'est pas le même que dans un manga standard, en noir et blanc!! Angela, la fiancée de Charlie en est l'exemple parfait: mais qu'est-ce que c'est que ces yeux spiralés? Je n'accroche pas du tout! Finalement, d'autres petits détails malhabiles: Paris vue de la tour Eiffel (t. #3, p.18) n'a absolument rien de grandiose (au contraire, les effets de perspective sont plutôt ratés!) et l'étrange idée d'effacer le grillage, devant le visage de Nao (idem, p.18-19) m'a complètement déconcentré du propos!:^S Mme Lyfoung nous avait habitués à mieux, il me semble, dans sa Rose écarlate...

 

  • une réplique dont la redondance est passée sous le radar des correcteurs. Tome #1, p.20: «Garde cette mèche sur le visage, elle dissimulera ton visage.» Avouez qu'elle était dure à rater, quand même!:^S

 

  • le caractère benêt et naïf du prince... L'effet comique est intéressant: un prince élevé dans la ouate, qui ne sait rien de ce qu'est le quotidien, qui gaffe en se buttant aux divers codes sociaux du monde normal... Mais parfois, ici, on pousse la caricature un peu loin, au point de faire du personnage un parfait imbécile, ridiculement niais. En fait, l'idée du contraste, comme élément comique, est très intéressant, mais un peu plus de nuances aurait ajouté à la crédibilité...

 

  • l'emplacement des phylactères. Souvent, ils sont loin du personnage qui parle, et comme les appendices sont orientés de façon assez approximative, et pas très longs, ça nuit parfois à la clarté des propos...

 

  • certaines petites incongruités mineures lors du grand finale du dernier tome! ATTENTION: DIVULGÂCHAGE! On voit souvent ce genre de trucs dans les films à deux balles (ou les James Bond!! ;^) mais ça me dérange à chaque fois: comment un Westfalia parvient-il à grimper un escalier aussi pentu (t.#4, p.38)?? C'est certainement possible, une fois embarqué sur l'escalier... mais l'angle d'attaque, tout en bas, fait que c'est tout bonnement IMPOSSIBLE!! Ceci dit, j'avoue que ça fait une belle entrée fracassante! ;^) Et puis, le revirement du père de Gwladys est purement ridicule (et au moins tout aussi surprenant que la révélation de celui de Cyril! ;^D) Mais... il faut bien ce qu'il faut pour obtenir l'incontournable happy end, non?

 

Les plus grandes forces de cette BD :

 

  • les pages de garde avant. Elles nous présentent, dans chacun des albums, la couverture et une page du Lala, un (prétendu) magazine people qui fait ses choux gras des potins du jet set. C'est via ces 4 magazines (les tomes #798, 805, 823 et 835!? ;^D) qu'on en apprend plus sur les relations entre le jeune prince Nicolas de Dulime et la fiancée qu'on lui a choisi, Gwladys Jefferson! Très clichées et bling-bling, ces pages donnent le ton du récit sitôt qu'on ouvre un des albums! De plus, elles nous permettre de faire le point sur l'état de la romance des deux jeunes tourtereaux, si on étale notre lecture de ces tomes sur une plus longue période de temps, par exemple ! ;^)

 

  • les titres des albums, tous en lien avec le monde culinaire. J'ai trouvé ce petit détail vraiment charmant! ;^)

 

  • le superbe château de Dulime, qu'on nous montre en grand dès la p.1 du premier tome. Wow!! Madame Lyfoung s'est vraiment investie dans cette architecture qui rappelle les sublimes châteaux de Bavière. C'est presque magique! Encore ici, le ton est donné... dès la toute première vignette!! ;^)

 

  • un personnage gay. Cyril, un collègue de travail et ami de Margot (pour autant que la distante jeune femme puisse en avoir!?), s'avère, dès ses premières apparitions, préférer les garçons. Ça reste assez rare, en BD jeunesse, et je trouve très intéressant que l'auteure ait eu le cran de le proposer.

 

  • les mignons petits clins d'œil de madame Lyfoung à son autre série. Cette bédéiste a le chic pour faire une autopromo discrète mais amusante à dépister! Ainsi, dès la p.15 de son premier tome, on retrouve une auto-référence sur une enseigne: Boucherie le Cochon écarlate, avec un mignon petit porcelet attifé comme Maud, son autre héroïne! De même, on voit un album de la Rose écarlate à la p.23 du t. #2, puis on retrouve Pépito, un lapereau tout mignon qui fait aussi (nous apprend-on, pages de garde avant du tome #3) des apparitions dans la Rose... Le tome #4 n'y échappe pas, avec un clin d'œil, encore dans les pages de garde avant... Reste à savoir si on parle d'un prince qui serait à croquer dans les divers tomes de la Rose écarlate!! ;^D

 

  • la qualité générale du récit, qui s'avère assez bien ficelé. Une fois qu'on accepte la grosseur des fils qui tiennent le tout (mais qui est propre à ce genre de récits - pensez à toutes ces romances de Noël de série B ;^), on peut apprécier l'ingéniosité déployée par l'auteure pour lier tout ce petit monde les uns aux autres, et les interactions qu'ils auront entre eux. Par exemple, l'évolution de Margot sera lente et progressive: c'est ce qui fait qu'on y croit! Le parallèle inversé avec l'histoire de Cendrillon est bien pensé, et il y a de nombreux revirements de situation que je n'avais pas anticipés! J'ai bien aimé, aussi, l'épilogue exhaustif qui nous permet de faire le tour de ce qu'il est advenu de chacun des personnages, même ceux de moindre importance.

 

  • de chouettes petites touches humoristiques... La réaction du chef Legrand quand il voit la nouvelle décoration de son restaurant 5 étoiles, par exemple (t. #2, p.11)... Ou encore les noms des jumeaux de Charlie et Angela (t. #4, p.47), ou celui du détective privé engagé par M. Jefferson (t. #2, p.35) ! ;^)

 

  • les nombreux effets lumineux intégrés aux dessins. Madame Lyfoung est vraiment douée pour faire traverser ses illustrations par des rayons de soleil éblouissants ou des effets de lumière variés qui viennent magnifier ses décors. C'est le cas dans chaque album, mais ça m'a particulièrement frappé lors du mariage de Charlie (t. #2, p.40 à 46). Bravo!

 


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@ Marsi : Je reconnais bien là ton côté esthète!! ;^) Je te prêterai donc plus de Clifton et moins de Un prince à croquer!! ;^)
Rédigé par pgluneau le dimanche 12 juillet 2020 à 9:33


Je crois que je ne me risquerais pas à lire ce "Prince à croquer". Tes bémols pèsent tellement plus lourds dans la balance que tes grandes forces. J'imagine que quand il faut produire de manière presque industrielle des albums, c'est ce qu'il advient. On finit toujours par tourner les coins ronds. On peut se rappeler que ce qui fait la si grande beauté de l'Europe c'est le talent mais aussi beaucoup et surtout le temps alloué à la conception et la réalisation des choses. Malheureusement, de nos jours, les sabliers sont microscopiques. Il faut que tout soit instantané.
Rédigé par Marsi le mercredi 08 juillet 2020 à 13:27


@ Anne des Ocreries : C'est exactement ça, tu as tout compris!
Rédigé par pgluneau le dimanche 14 juin 2020 à 12:01


Un sympathique divertissement pas " prise de tête " ? Je prends ! :)
Rédigé par anne des ocreries le dimanche 14 juin 2020 à 11:17




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