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Petit Nicolas - la bande dessinée originale
PETIT NICOLAS - LA BANDE DESSINÉE ORIGINALE
Scénariste(s) : René GOSCINNY
Dessinateur(s) : Jean-Jacques SEMPÉ
Éditions : IMAV éditions
Collection : X
Série : Petit Nicolas
Année : 1955     Nb. pages : 48
Style(s) narratif(s) : Gags en une planche
Genre(s) : Humour naïf, Adaptation littéraire, Quotidien
Appréciation : 3 / 6
Curiosité... sans grand intérêt
Écrit le samedi 11 avril 2020 par PG Luneau

Déçu, je suis!

Quand je suis tombé sur l'album le Petit Nicolas, la bande dessinée originale, à la librairie, j'ai tout de suite été interpelé : Quoi?! Mon petit Nicolas adoré a débuté sous forme de BD??! Je ne savais pas ça!! Il était plus que temps qu'une maison d'éditions corrige la situation, grands dieux!

Aussi n'ai-je pas hésité très longtemps. J'ai feuilleté l'objet deux ou trois minutes («Ici, une mise en contexte historique; là, de brèves biographies et bibliographies des auteurs...et les gags, en BD... couleurs, en plus!») et hop! dans le panier : j'étais conquis!

***

La triste nouvelle du décès d'Uderzo, il y a quelques jours, m'a poussé à sortir de ma pile à lire un album paru il y a plusieurs années mais que je n'avais jamais lu (j'en ai quelques-uns, comme ça! ;^) : l'intégrale des aventures de Benjamin et Benjamine (Je vous en parlerai très bientôt!). Mais, de fil en aiguille, d'Uderzo à Goscinny, il n'y a qu'un pas. Et me voilà qui plonge dans cet album-ci, paru en 2017, avec, comme héros, un des gamins qui m'a fait le plus hurler de rire de toute ma vie!

D'abord, précisons que l'objet-livre est très soigné. Les pages sont en carton, épais comme je n'en avais jamais vu dans une BD! Les infos historiques sont succinctes mais claires et éloquentes. On apprend que cette série était une commande pour le journal Moustique, et qu'elle a commencé naguère, autrefois, jadis, il y a très très longtemps... en 1955. Goscinny signait les scénarii Agostini, question de ne pas abuser de son nom, qui était déjà sur plein d'autres textes. Et Sempé, habitué aux dessins d'humour tels qu'on en trouvait alors dans les journaux, ne demandait pas mieux que d'appliquer son talent à illustrer ces gags sympathiques.

Graphiquement, je n'ai pas été jeté par terre. D'abord, on sent bien l'époque, tant dans l'esthétisme que dans le style. Je ne vous cacherai pas que l'ensemble fait très vintage, pour ne pas dire vieillot. Le trait est si simple, pour ne pas dire simpliste, que Nicolas ressemble presque à Nestor, le bagnard des premiers Pif Gadget (ceux qui ne connaissez pas, je vous invite à aller jeter un coup d'œil à la Capsule-Pif où je le présente, juste ici!! ;^) Mais on pourrait dire que ça ajoute un petit charme suranné...

Du point de vue des gags, par contre, c'est d'une tristesse... :^(  Moi qui avais toujours perçu Goscinny comme un dieu du scénario, j'ai dû me rendre à l'évidence : son génie n'était pas si naturel que ça! Ces scénarii-ci sont la preuve qu'il a eu des croûtes à manger avant de parvenir à réaliser les chefs d'œuvre d'humour que sont ses Astérix, Lucky Luke et Iznogoud! Naïfs au point d'en être fadasses, ces gags ne m'ont pas accroché deux secondes, moi qui suis pourtant un bon public... Déçu, je suis...

Heureusement, le Benjamin et Benjamine dont je termine la lecture (et qui date sensiblement des mêmes années, pourtant!?) parvient à remettre un peu de baume sur mon petit cœur tristounet! Je vous en reparle très bientôt! ;^)

À lire aussi : la critique que Jérôme en a faite.

Note : Habituellement, j'appose l'étiquette Adaptation littéraire à une BD lorsqu'elle se veut la transposition d'un roman (ou d'une autre œuvre de fiction) en BD. Dans ce cas-ci, c'est plutôt l'inverse qui se produit : c'est la BD qui sera transposée, quelques années plus tard, en nouvelles, d'abord dans le journal, puis en recueils... devenus cultes! De telles transpositions sont tellement rares que j'ai quand même choisi d'utiliser l'appellation Adaptation littéraire... même si je ne le ferai probablement pas pour des séries comme les Sisters, Studio danse, les Légendaires ou même Cédric, qui existent toutes, maintenant, sous forme de romans... Mettez ça sur le compte de mes paradoxes... et du fait que les romans tirés de ces dernières séries n'ont pas le prestige qu'a eu ceux du Petit Nicolas!! ;^)

 

Mes bémols :

 

  • la faiblesse des gags!:^( En fait, les situations humoristiques dans lesquelles se retrouve notre héros sont vraiment d'un autre âge. On est dans le comique de situation, un peu à la Symphorien... mais c'est à peine amusant, parfois même banal! Venant de n'importe qui, ça aurait été décevant... mais de la part de Goscinny!!? Ça m'a vraiment déplu. Peut-être est-ce une question d'époque? Pourtant, je suis du genre nostalgique, avec une affection particulière pour les aventures gentillettes et l'humour désuet... Ici, toutefois, ça ne passe vraiment pas! Si ce n'avait été de l'intérêt historique de ce projet (ça nous raconte quand même la genèse d'un personnage mythique!), je n'aurais donné que 2,5!

 

  • l'ordre des phylactères. À au moins trois reprises (p.10, 27 et 28), la disposition des bulles prête à confusion, ou fait carrément en sorte qu'on lit les dialogues à l'envers, la réponse avant la question! Manifestement, Sempé était plus habitué aux dessins de presse qu'aux véritables bandes dessinées!

 

  • le caractère aléatoire de certains éléments. C'est surtout le cas pour la maison (un élément quand même assez central!): dans presque tous les gags, la famille de Nicolas vit dans un petit bungalow, au centre d'une jolie pelouse (où se passent généralement les confrontations entre Blédurt et le papa ;^). Mais voilà que, pour un gag (p.16), Nicolas et ses parents habitent soudainement en pleine ville, dans une maison en rangée avec porte donnant directement sur le trottoir!? De pelouse, plus un brin!? Un tel manque de cohérence m'a toujours agacé...

 

  • la fadeur des couleurs. Ces gags étaient publiés en couleurs, chose rare pour l'époque. Mais la coloration des journaux des années 50 avait ses limites (elle les avait encore dans les années 70, quand j'en lisais, c'est dire!). On semble ici avoir gardé cette coloration originale... mais il aurait été beaucoup plus gagnant de la refaire à neuf, carrément. Peut-être que ça aurait redonné un peu de punch à l'ensemble... déjà assez fade en soi!

 

Les plus grandes forces de cette BD :

 

  • la petite mise en perspective historique. Elle nous apprend que si les BD n'ont paru dans le Moustique que de 1955 à 1956, les récits illustrés, beaucoup plus connus, ont commencé à être publiés en 1959, dans le Sud-ouest Dimanche, un autre journal, puis édités en recueil à partir de 1960.

 

  • les personnages secondaires fétiches, pour ne pas dire cultes. Dès la p.1, on retrouve M. Blédurt, ce détestable voisin qui sert d'éternel antagoniste au papa de Nicolas. Quel plaisir de le retrouver!! Et puis, à la p.20, on voit Alceste... mais il n'est ni gros, ni goinfre!!??:^O On présume que le personnage prendra sa personnalité plus spécifique avec le temps...

 

  • le papier cartonné utilisé. Il est si épais que les pages sont difficiles à tourner: on doit les casser une à une. Ça fait très étrange...

 

  • le portrait de l'époque. En effet, peut-être même sans le vouloir, Sempé et Goscinny nous dressent véritablement un portrait de la société qui les entourait alors... On est dans les Trente Glorieuses, en France... mais on pourrait tout aussi bien être dans la maison américaine de la Famille Stone ou de Papa a raison (ceux qui ont mon âge comprendront!! ;^). Le papa est l'unique pourvoyeur (bien que, dans ce cas-ci, son image soit loin d'être irréprochable tant il est affublé de défauts: il faut bien qu'humour se fasse!). C'est lui le responsable de la mécanique, de la pelouse et de l'autorité parentale ; la maman est une parfaite femme de maison, bonne ménagère, bonne cuisinière, protectrice envers son fils... La petite famille nucléaire modèle de l'époque, quoi!... À ce titre, il est un peu étonnant que Nicolas n'ait pas eu de petite sœur, d'ailleurs! ;^) Donc, si cette époque vous est méconnue, cet album pourrait vous servir de bonne porte d'entrée...

 

  • quelques rares bons gags. En fait, sur les 28 planches présentées, seulement 2 m'ont fait rire... dont l'une qui a été copiée pour illustrer la 4e de couverture!!Un peu pathétique, quand même...:^S

 

  • la comparaison BD versus Récit illustré. C'est, et de loin, l'élément le plus intéressant du bouquin! En fin d'album, donc, la maison d'éditions a décidé de prendre 2 des planches, et de les juxtaposer à deux récits à peu près correspondants parus dans les recueils. Ainsi, ça nous permet de voir l'évolution entre le gag BD datant de 55-56, puis ce qu'il est devenu une fois sous forme de petite nouvelle, quelques années plus tard. C'est là qu'on constate que le génie de Goscinny tenait principalement sur deux choses dans cette série: le ton et le cumul. En effet, ce qui m'a toujours fait jubiler, dans les récits du Petit Nicolas, c'est d'abord et avant tout le rythme de l'écriture, qui rappelle tant le ton d'un enfant de 6 ou 7 ans qui s'emballe sur certains détails et en oublie plein d'autres, essentiels! De plus, en utilisant le format «récit de deux ou trois pages», Goscinny pouvait construire des récits plus étoffés, et miser sur une accumulation de gaffes de plus en plus délirantes, qu'on prend plaisir à anticiper... Ça explique un peu pourquoi les gags BD sont bien moins intéressants: en une seule planche, le pauvre n'avait le temps ni d'instaurer son ton, ni de monter de belles escalades délirantes!!

 

(Pour l'anecdote, notez que parmi les deux nouvelles choisies pour l'album se trouve ma favorite d'entre toutes : la Plage, c'est chouette! C'est probablement l'un des textes qui m'a le plus fait pleurer de rire de toute ma vie!! Si vous ne le connaissez pas, courez sur le recueil les Vacances du Petit Nicolas, vite!! ;^D )

 

 


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@ Marsi : Effectivement, peut-être qu'auprès des petites têtes blondes de 1955, c'était efficace... tout comme l'étaient Pifou ou Placid et Muzo... Mais autant j'adorais les Pif gadget, quand j'étais jeune, autant je percevais les deux séries que tu nommes comme un mal nécessaire : elles n'étaient pas mes préférées, loin de là!! ;^)

Heureusement que Goscinny saura prouver son génie dans les récits complets, avec Oumpah-pah (1951), Lucky Luke (1955), Benjamin et Benjamine (1957 - je vous en parle très bientôt!) et, bien sûr, Astérix (1959).
Rédigé par pgluneau le dimanche 19 avril 2020 à 12:43


Bien dommage que cela ait été une lecture décevante. Ces deux bonzes de la bande dessinée et du dessin étaient encore jeunes. Remarque, je suis allé voir quelques planches de l'album sur le net et je trouve que cela ressemble beaucoup aux types de gags de l'époque des Pifou, Placid et Muzo et autres des années 60 et 70. Ceci dit ce n'était pas les meilleurs non plus mais, enfant, ça faisait la job. Ce n'était certainement pas la force de Goscinny au départ. Le maître du Gag en une planche allait frapper deux ans plus tard. Gaston et Franquin s'en venait !!!
Rédigé par Marsi le samedi 18 avril 2020 à 15:53


@ Jean Milette : Très juste, Jean : une curiosité pour les fans finis, sans plus.

Pour ma part, j'en suis à critiquer l'intégrale de Benjamin et Benjamine... Ce sera une de mes prochaines critiques. J'ai quand même bien aimé, même si ça a un peu vieilli! Pour plus de détails, reste branché sur ce canal! ;^)

Mais tu me rappelles que j'ai aussi un tome des Archives Goscinny! Celui sur Jacquot le mousse et Tromblon et Bottaclou, dessinés par Godard... Tu me donnes le goût d'y plonger!!

À plus!
Rédigé par pgluneau le mardi 14 avril 2020 à 10:42


Intéressante (comme toujours) cette critique. Je me souviens d'avoir également été déçu lors de ma lecture de cet album il y a quelques années.

Profitant du confinement je m'attaque aux archives Goscinny et j'y prends finalement assez peu d'intérêt. En fait, Goscinny semble capable du meilleur et du pire. Il a été magistral avec Le petit Nicolas et Astérix, et très bon avec Lucky Luke, les Dingodossiers et Oumpah pah. Notez que c'est déja beaucoup. Je ne mentionne pas Iznogoud, cette série a certainement des qualités, mais je n'y arrive pas.

Un peu avant ou en parallèle de ces grandes séries, Johan Pistolet, Benjamin et Benjamine, Jacquot le Mousse, Pistolin ou la Fée Aveline sont au mieux sympathiques. Ces séries seraient cependant complètement oubliées si elles n'étaient pas signées Goscinny. Le bougre était prolifique, alors ceci explique peut-être cela.

Mais si on revient à la BD du petit Nicolas, c'est vrai que ça ne va pas et que c'est dans les recueils de nouvelles que ce gamin est à son meilleur. Il faut voir cet album comme une curiosité, ce n'est pas le meilleur, mais puisqu'il est signé Goscinny, l'aficionado est heureux de le posséder.

Rédigé par Jean Milette le dimanche 12 avril 2020 à 9:11


@ Anne des Ocreries : Sage décision!

«Avoir su, je s'rais pas venu non plus!!» ;^)
Rédigé par pgluneau le samedi 11 avril 2020 à 15:30


Perso, j'imagine même pas " le petit Nicolas" en BD. Je n'irai pas saborder mes bons souvenirs d'enfance, et je vais m'abstenir, donc.
Rédigé par anne des ocreries le samedi 11 avril 2020 à 15:21




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