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#01- Lapins sur la lune
#01- LAPINS SUR LA LUNE
Scénariste(s) : Richard MARAZANO
Dessinateur(s) : Luo YIN
Éditions : Dargaud
Collection : X
Série : Rêve du papillon
Année : 2010     Nb. pages : 56
Style(s) narratif(s) : Récit à suivre (Inspiration manga) / 4 tomes
Genre(s) : Aventure fantaisiste, Héros animalier animalier
Appréciation : 3.5 / 6
N'est pas Miyazaki qui veut...
Écrit le mardi 13 février 2024 par PG Luneau

Tomes lus : #01- Lapins sur la lune

            #02- Stupides! Stupides espions! (2011, 4/6)

            #03- les Ficelles du cordonnier (2012, 4/6)

            #04- Hamster au printemps (2014, 4,5 /6)

 C'est quoi?

Lors d'une promenade en montagne, une énorme tempête de neige isole Tutu, une jeune orpheline au caractère fort indépendant, du reste de son groupe. La jeune fille parvient à trouver momentanément refuge sous un repli rocheux... mais, rapidement, elle se met à glisser et dévale une interminable pente jusqu'à une vallée inconnue abritant une petite ville des plus étranges !?

Telle Alice dans son trou, Tutu découvrira ce nouvel univers à la fois onirique et effrayant. Elle apprendra que les enfants y sont considérés comme les pires renégats qui soient, ostracisés par tous les autres habitants... qui sont soient des animaux anthropomorphes, soit des êtres à demi-robotisés ou des créatures difformes plus ou moins humanoïdes (?!?).

Rapidement capturée par une bande de lapins-espions, Tutu sera obligée de travailler à l'usine de production d'électricité et devra s'installer chez une logeuse-perruche peu amène. Ses gardes-espions l'amèneront même jusque chez l'Empereur, un robot téléguidé par on-ne-sait-qui qui lui donne une importante mission : retrouver un papillon blanc... Dans ce monde hivernal où tous les (rares!) papillons sont blancs, autant dire que c'est mission impossible!

Mais que veut vraiment ce mystérieux chat parlant qui la suit partout? Que manigancent le grand panda et les autres animaux de l'usine? Qui sont ces enfants qui se cachent dans les égouts de la ville? Qui se cache sous l'identité du Cerf-Voleur, ce justicier masqué qui se déplace en deltaplane? C'est d'autant plus intrigant que tous poussent Tutu à se méfier de l'Empereur !? Même les lapins, qui pourtant travaillent pour lui !?!

Comment la pauvre jeune fille pourra-t-elle tirer son épingle du jeu et, éventuellement, retourner à l'orphelinat? C'est ce que vous saurez en lisant les 4 tomes qui composent «le Rêve du papillon».

C'est comment?

Disons d'entrée de jeu que nous sommes en présence d'une série très intéressante... mais qui possède quelques lacunes qui ont su limiter mon enthousiasme, surtout dans les premiers tomes... Mais commençons par le positif.

Ce qui frappe, au premier coup d'œil, c'est la beauté des dessins et des couleurs, qui rappellent inévitablement les chefs d'œuvres de Miyazaki. Puis, c'est l'étrangeté du monde où la pauvre Tutu se trouve plongée. Ici aussi, avec ce mélange de personnages humains, animaliers, robotisés ou «aformes», dans une parfaite cohérence visuelle et une totale acceptabilité sociale, ça rappelle le travail du grand maître des mangas d'animation tant de fois primé. L'histoire est intrigante à souhait, les mystères s'accumulent les uns après les autres et planent longtemps... On y croit, à ce monde totalitaire où sourde la révolution! Tout serait parfait si ce n'était... du découpage de certaines scènes !?

Ça me fait tout drôle d'amener cet argument terriblement pointu, mais c'est tellement majeur que je ne peux le passer sous silence! En effet, c'est effarant le nombre de pages où les actions sont incompréhensibles ou manquent totalement de fluidité à cause de mauvais choix dans l'enchaînement des vignettes, dans les angles de vue ou dans les liens entre le texte et le dessin!

Trop souvent, donc, on se demande ce qui se passe exactement ou comment tel ou tel personnage a pu se retrouver là où il est! C'est comme si l'illustratrice en était à ses premières armes en BD, et qu'aucun éditeur ne l'avait supervisée. De la part d'une maison d'éditions aussi établie que Dargaud, c'est assez difficile à accepter !! :^(

Donc, vous voilà prévenus! Si vous vous sentez prêts à surmonter ce désagrément, il n'y a pas à douter que vous apprécierez le Rêve du papillon, un album franco-belge aux inspirations manga, pas mal dans la même lignée que l'Île de Puki, que j'ai lu il n'y a pas si longtemps.

À partir de 9 ans.

Mes bémols

 

  • les quatrièmes de couverture. Alors qu'on est en présence de grands formats, les éditeurs ont choisi d'imprimer le texte de présentation en infimes caractères blancs (de taille 8 ou 9), en italique, sur des fonds orange clair pour les deux premiers tomes! Sans contraste, ces minuscules pattes de mouche frôlent l'illisibilité. Ce n'est pas comme s'ils manquaient d'espace! De même, les superbes illustrations des couvertures des 4 tomes, qui occupent la bande centrale du verso, auraient pu être deux ou trois fois plus grosses! Les designers de chez Dargaud ont fouerré, sur ce coup-là!

 

  • les nombreuses lacunes de fluidité dans la narration. Après coup, en relisant ma critique, je me suis demandé si je n'exagérais pas un peu cet aspect... Puis, j'ai relu mes notes de lecture: la narration bute, souffre de soubresauts ou manque de naturel pas moins de 7 fois (notamment aux p.28 et 29 ou 52 et 53 du tome #2, ou aux p.36 et 37 du tome #3) à cause de mauvais choix de rythme, d'angle ou d'agencement de vignettes! Chez un éditeur aussi réputé que Dargaud, c'est incompréhensible! La série, sublime et intéressante, méritait mieux que ça!

 

Les plus grandes forces de cette BD

 

  • l'objet-livre, avec son grand format et sa jaquette de couverture très class. Le graphisme du typogramme du titre, avec ses jolies dorures, est stylé à souhait. Soulignons aussi l'absence du titre spécifique du tome, qu'on ne retrouve ni sur le dos, ni sur la couverture: exclusivement sur la page de titre! C'est très léché, et ça laisse toute la place aux somptueux traits de Mme Yin.

 

  • le dessin de Luo Yin, justement! Cette illustratrice chinoise a réellement beaucoup de talent. Sa maîtrise des codes du manga est incontestable, et l'expressivité du visage de Tutu, son héroïne, est vraiment très impressionnante. Il ne lui reste plus qu'à apprendre à mieux découper ses pages...:^S

 

  • l'originalité de l'intrigue, des personnages et des ambiances. L'ensemble peut être un peu dépaysant, du moins pour un lecteur lambda comme moi (les fans de manga seront peut-être plus en pays de connaissance). En effet, si on est habitué aux personnages animaliers ou aux robots, on l'est moins aux créatures qui ressemblent à des poches de patates, à des totems ou à des mascottes de carnaval avec grosse tête en papier mâché! Et que tout ce monde se côtoie de manière totalement naturelle, ça contribue bien au malaise de Tutu... et au nôtre, par le fait même. Plusieurs idées sont intéressantes, comme celle des enfants parias ou celle de l'électricité produite par des millions de hamsters!

 

  • la richesse du scénario. L'intrigue est soutenue par de multiples ramifications, toutes mystérieuses à souhait! On y retrouve plusieurs factions, apparemment en opposition... mais il y a tant de secrets qu'on finit par douter: certaines sont-elles complices? Si oui, lesquelles? Au bout du compte, il y a un bon nombre de revirements punchés et inattendus, surtout dans le tome #4!

 

  • les personnages. Plusieurs sont très attachants, à commencer par l'énergique Tutu, aussi attachante et charismatique que la petite Heidi de mon enfance! Elle a du caractère... et elle en aura bien besoin pour ne pas se décourager dans ce monde qui lui est, somme toute, plutôt hostile. Mentions spéciales aux délirants lapins-espions (qu'on finit par adorer, à l'image de Tutu) et au Panda!

 

Les petits plus

 

  • Cette série m'a permis d'apprendre une nouvelle expression! En effet, j'ai été un peu étonné de lire, dans le 4e tome, la phrase suivante: «OK, ça va, les chevilles?» ??!? Personnellement, dans le contexte, j'aurais fait référence à la tête enflée de l'héroïne... Ben voilà-t-y pas que le Net m'apprend que, dans ce sens, les chevilles peuvent remplacer la tête! Qui l'eût cru? Mais ne vous en faites pas: je ne m'enflerai ni tête, ni chevilles ! ;^D

 

  • Attention à la coquille de la p.40 du premier tome: «... de chauffer d'éclairer leur maison?!»

 


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@ Dany Arseneault : Merci, Dany! Le dessin est effectivement magnifique. Par contre, la coloration, souvent sombre, n'aide pas à le magnifier autant qu'elle le pourrait (comme sur la couverture du tome #4, qui est splendide!).

Et pour ce qui est de Marazano, j'ai réalisé après coup que, effectivement, il avait quelques autres pépites à son actif!

Au plaisir de te recroiser bientôt, j'espère!
Rédigé par pgluneau le mardi 20 février 2024 à 7:55


Tu es toujours très intéressant à lire. J’adore le finesse de tes observations. Le dessin me semble bien attirant. Et Marzano a quelques valeurs sûres dans sa bibliographie
Rédigé par Dany Arsenault le jeudi 15 février 2024 à 15:48


@Anne des Ocreries : L'hypothèse de la différence culturelle y est peut-être pour quelque chose, ce n'est pas bête...

Et j'ADORE quand tu «ne te sens plus péter», autre expression que je n'avais jamais entendue mais qui, celle-là, nous donne une parfaite image (olfactive! ;^) de ce qu'elle veut dire! Merci!
Rédigé par pgluneau le jeudi 15 février 2024 à 10:14


Hihi ! Ici, on a souvent les chevilles qui enflent, quand on est démesurément fier de soi et qu'on " ne se sent plus péter " ! ^^
Rédigé par anne des ocreries le jeudi 15 février 2024 à 8:46


Si l'illustratrice est chinoise, elle peut avoir des difficultés à découper ses pages en " occidental " : en Asie, les mangas se lisent en commençant " par la fin " ( pour nous) et ça peut perturber des auteurs/illustrateurs d'une autre tradition graphique, de travailler pour l'Occident...en tout cas je la lirais volontiers, cette histoire. Histoire de voir comment je m'en sors et si ça m'intéresse....je suis curieuse !
Rédigé par anne des ocreries le jeudi 15 février 2024 à 8:44




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