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Mon 16e safari-dédicaces : une deuxième petite touche européenne!
Écrit le jeudi 12 mai 2016 par PG Luneau

Festival de BD francophone de Québec 2016

(Troisième partie)

Me revoici pour vous parler d'autres découvertes européennes que j'ai faites lors du dernier Festival BD de Québec, il y a quelques semaines.

Aujourd'hui, je débuterai par Laurent Verron, que j'avais déjà eu le plaisir de rencontrer il y a quelques années, à Québec même. Pour les néophytes parmi vous, rappelons que Verron est un dessinateur que Roba, l'auteur de Boule et Bill, a pris sous sa tutelle et qu'il a formé afin d'en faire son assistant. Lorsque le célèbre patriarche a décidé de se retirer du monde du 9e art, il a tout naturellement dVerron au FBDFQ 2016emandé à son pupille de poursuivre son travail. C'est pourquoi la série du petit rouquin et de son coquin de cocker se voit, encore aujourd'hui, augmenter d'un nouveau tome par année!

Cette histoire de «passation des pouvoirs» (et/ou «des savoirs»!! ;^) est très belle... J'imagine la fierté d'un jeune bédéiste qui se voit mandaté à poursuivre une série aussi culte que celle-là, le sentiment de compétence qui doit envahir le jeune homme en qui un vieux pro fait tellement confiance qu'il est prêt à lui léguer son précieux bébé. Mais en écoutant Verron en parler, je me suis demandé si, parfois, ce legs n'était pas un peu lourd à porter, en ce sens qu'il devient une responsabilité imposée, ce qui peut peut-être s'avérer lourd, sur le long terme, pour un créatif?! Je n'ai pas osé lui poser la question, mais peut-être que le fait de «devoir» maintenant pondre un album par année, question de répondre aux attentes des lecteurs mais, aussi, des éditeurs (on s'entend que ce genre de personnage-culte est une véritable vache à lait pour ces derniers!!), cette «obligation» peut finir par être lourde et contraignante, non? Après tout, ce n'est probablement pas tous les bédéistes que ça intéresse de ne dessiner qu'une seule et même série pendant 30 ou 50 ans (comme Lambil, sur les Tuniques bleues, par exemple!) ?

Ces pensées m'ont traversé l'esprit alors que monsieur Verron me parlait avec enthousiasme d'un nouveau projet sur lequel il travaille présentement, un projet qui sortira dans la chouette collection «Spirou et Fantasio par...», dont je vous ai déjà parlé. «Ça s'appellera les aventures de P'tiroux, et ça sera un peu différent des autres albums de cette collection en ce sens que ça racontera la vie du petit steward roux, avec qui Rob-Vel a travaillé, alors qu'il était lui-même steward sur un transatlantique, et qui lui avait inspiré son personnage de Spirou!» Spirou ne sera donc pas du récit!!?? :^O Ce ne sera toutefois pas une véritable biographie du rouquin en Caroline, de Boule & Bill, par Verronquestion, car il est quasi impossible de retrouver les traces de cet homme : je ne suis même pas sûr qu'on ait retrouvé son nom, dans les archives de la compagnie maritime!! Ce sera donc une fiction et, à coup sûr, un album intéressant! ;^)

Dans un autre ordre d'idée, j'ai demandé à monsieur Verron comment il travaillait avec les nombreux scénaristes qui lui écrivent des gags pour Boule et Bill. J'ai en effet remarqué (vous le constaterez dans ma prochaine critique qui portera, justement, sur le gamin et son illustre chien! ;^) que Verron s'octroyait les services de plusieurs auteurs : Corbeyran, Cric, Veys, Ferri et Cucuel, pour ne nommer que ceux-là. Comment font-ils pour ne pas se court-circuiter? «C'est moi qui suis le Gardien des Archives! me répond Verron, le sourire en coin. Quand l'un d'eux a une idée de gag, il m'en fait part immédiatement et je peux lui dire s'il a déjà été fait. J'ai en tête tous les gags que j'ai dessinés, et j'ai travaillé assez longtemps avec Roba pour connaître aussi la grande majorité de ceux datant de son époque.» Vous imaginez la mémoire!!?? :^0

Encore heureux qu'il agisse ainsi, comme tampon anti-doublon, car les coïncidences existent : «Il est en effet déjà arrivé qu'un scénariste me propose EXACTEMENT le même gag qu'un autre venait de me donner, quelque temps auparavant! J'ai pu lui dire de laisser tomber et de plutôt plancher sur autre chose!!» ;^) C'est fou, la synchronicité!

Une autre de mes découvertes du festival (je dirais même un petit coup de cœur!), c'est Max de Radiguès. J'ai pu jaser avec ce  jeune Belge alors qu'il me dédicaçait un de ses albums, Orignal, un récit sur l'intimidation d'un jeune adolescent qui m'avait accroché, quand j'en avais entendu parler, sur le Net. J'ai aussi eu le temps (comme je l'expliquais dans la première partie de ce compte-rendu) de le voir en entrevue, alors qu'il était interviewé par Raymond Poirier. J'ai donc un peu appris à connaître ce grand voyageur (qui a déjà séjourné à plein d'endroits, malgré son jeune âge : Irlande, Nouvelle-Angleterre, Montréal...) et son œuvre.

Max de RadiguèsD'abord, précisons que nombre de ses livres, tous des one shot, présente des adolescents. C'est, manifestement, une thématique qui l'intéresse tout particulièrement. «Je trouve que les BD qu'on propose aux jeunes de 13 ou 16 ans leur présentent très peu de personnages ado intéressants et positifs. Il y a comme un creux, un vide, entre les BD jeunesse et celles pour jeunes adultes. Et ces ados sont plein de potentiels! Ils sont à l'âge où ils découvrent tout, où ils forment leur caractère et leurs opinions sur une foule de sujet. J'ai envie de leur donner des modèles de jeunes qui leur ressemblent... mais sans jamais sombrer dans la moralisation.» En effet, jamais l'auteur ne donne de réponse toute cuite à ses lecteurs : il préfère faire appel à leur intelligence et les laisser se forger leurs propres idées sur certains aspects de ses histoires. «Par exemple, dans Hobo mom, qui raconte le retour d'une mère de famille au domicile familial qu'elle avait choisi de fuir, quelques années plus tôt, sans explication aucune, les personnages, tous troublés et mal à l'aise, ne reviennent jamais sur les circonstances ou les raisons du départ de la mère. Moi, je sais pour quelles raisons elle a quitté... mais je ne les donne pas explicitement dans le texte. Je mets quelques allusions, aux lecteurs de s'imaginer ce qu'il veut. Leurs explications peuvent être aussi valides que la mienne! Même chose dans Orignal : les motivations du principal intimidateur ne sont jamais clairement établies. Je ne voulais vraiment pas tomber dans le cliché de l'enfant tabassé à la maison qui se venge sur ses compagnons de classe! Encore ici, moi, j'ai établi ces raisons. Certains éléments en lien avec elles sont parsemés dans le texte, à vous de les dénicher et de vous faire votre propre portrait de la situation.»

Parlant d'Orignal , soulignons que la genèse de ce projet est toute particulière! Si j'ai bien compris, l'idée lui est venueOrignal, de de Radiguès alors qu'il était en résidence... à Montréal!? Il a fait un premier petit récit de quelques planches, presque sans texte, où un gamin tombait face à face, en forêt, avec un orignal. Il a monté ce flash sous forme de fanzine... qui a plu! Il a alors fait quelques autres fanzines, aussi courts, toujours avec le même personnage, dans différentes situations, avec pas ou peu de texte, mais sans trop savoir où tout cela allait le mener. Ce n'est qu'au bout de quelques mois qu'il a commencé à percevoir les liens possibles entre toutes ces scènes et qu'il a réorganisé le tout sous forme de scénario complet et cohérent... où la première scène qu'il avait conçue se retrouve à presque clore le récit!! ;^)

Quand je lui ai demandé pourquoi il avait situé cette histoire d'intimidation en Nouvelle-Angleterre, monsieur de Radiguès m'a expliqué que, de retour en Belgique suite à son séjour en Amérique, il était tout content de retrouver son petit monde... mais qu'il avait été surpris de constaté une espèce de décalage, comme si tout avait stagné pendant son absence, alors que lui avait changé! Par désir de retrouver, peut-être, un peu de ce qui avait fait le sel de son voyage au Nouvelle-Angleterre, il a donc choisi de replonger dans ses photos et de dessiner ces paysages qu'il avait appréciés! Mais il demeure très conscient que son histoire peut se passer un peu n'importe où sur la planète!! «D'ailleurs, l'adaptation  qui en a été faite (pour le cinéma ou la télé, je ne me rappelle plus) situe le récit dans les Ardennes belges!»

Ça a vraiment été une belle rencontre que celle-là. Max de Radiguès s'est révélé être un homme sensible et sensé, très humain et à l'écoute des autres. Je vous souhaite à tous d'avoir la chance de le croiser aussi, un jour.

Mais j'arrêterai cette mini-chronique ici : Verron, le bonze, et de Radiguès, le coup de cœur, suffiront pour aujourd'hui ! Pour la suite des résumés de mes rencontres avec les derniers Européens, mais aussi tous les Québécois (et ils sont légions!! ;^), ça ira à dans quelques jours : à vous de rester sur le qui-vive et de revenir me visiter... ma lucarne n'a pas l'intention de déménager de sitôt!!

(À lire aussi : les première et deuxième parties de ce compte-rendu!)

 


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@ Anne des Ocreries : Ça semble vraiment très sympa! ;^)
Rédigé par pgluneau le jeudi 12 mai 2016 à 22:58


Haaaan, t'as eu un dessin de Caroliiiine ! Alors là, je suis verte d'envie.

En outre, j'ai envie de découvrir ce Max de Radiguès. Son graphisme me plaît, et j'ai envie de voir comment il traite les thèmes qu'il s'est choisi.
Rédigé par anne des ocreries le jeudi 12 mai 2016 à 18:17




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